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23/05/2016 01:32 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Fronde sociale en France: difficultés d'approvisionnement e de carburant après le blocage de dépôts et de raffineries

Les difficultés d'approvisionnement en carburant persistaient lundi en France où plusieurs raffineries et dépôts étaient toujours occupés par des opposants au projet de loi sur le droit du travail, en dépit de la promesse du gouvernement de les "libérer".

"Cinq des huit raffineries françaises sont en grève, arrêtées ou en cours d'arrêt", a déclaré à l'AFP Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la branche pétrole du syndicat CGT, en pointe du mouvement de fronde sociale.

Des centaines de militants CGT bloquaient par ailleurs lundi le dépôt de carburant de Fos-sur-Mer (sud-est), rejoignant ainsi les actions pratiquées depuis plusieurs jours dans le nord et l'ouest du pays.

Sur les 189 dépôts de carburant bloqués depuis plusieurs jours, plusieurs ont toutefois été débloqués par les forces de l'ordre, a confirmé à l'AFP Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe Total, sans pouvoir fournir un nombre précis de dépôts restant paralysés.

Fustigeant des blocages "pas légitimes", le ministre des Finances Michel Sapin a réaffirmé lundi matin que la volonté du gouvernement d'utiliser "tous les instruments" à sa disposition pour les faire cesser.

En déplacement en Israël, le Premier ministre Manuel Valls a assuré dimanche soir depuis Tel Aviv que les pouvoirs publics vont "continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts" de carburant.

Dans le quart nord-ouest du pays, la ruée vers les pompes d'automobilistes inquiets a amené les autorités à prendre depuis vendredi des mesures de rationnement de la distribution.

Les difficultés d'approvisionnement ont entraîné une pénurie totale ou partielle de certains types de carburant dans quelque 1.500 stations sur les 12.000 du pays, selon le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies.

Ecartant tout risque de pénurie généralisée, Manuel Valls a réaffirmé que la réforme du droit du travail, contestée dans la rue depuis plusieurs mois mais passée en force à l'Assemblée nationale la semaine dernière faute de majorité, irait "jusqu'au bout".

Ce texte ambitionne de déverrouiller le marché du travail dans un pays où le chômage endémique avoisine 10% de la population active, mais ses détracteurs estiment qu'il va renforcer la précarité des salariés.

Depuis début mars, les opposants à cette réforme multiplient les journées de grèves et de manifestations, qui ont été émaillées de violences.

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