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23/05/2016 03:16 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016: inquiétudes sur la sécurité après des ratés au Stade de France samedi

Les interrogations sur la sécurité de l'Euro-2016 de football en France sont relancées à trois semaines de la compétition, après des failles constatées samedi dans le dispositif en place autour du Stade de France, au nord de Paris, l'une des cibles des attentats du 13 novembre.

Malgré la mise en place d'une enceinte grillagée d'au moins deux mètres de haut et d'un triple filtrage, le dispositif exceptionnel de sécurité déployé lors de la finale de Coupe de France OM-PSG n'a pas suffi. Des fumigènes et des débuts d'incendies sont partis des tribunes où l'on retrouvait aussi casques de motos, bouteilles en verre et tuyaux en PVC.

"Sous tension" samedi soir, le "système a cédé sur un certain nombre de points auxquels on va remédier", a dû admettre lundi le préfet du département Philippe Galli.

Avec près de 80.000 spectateurs et deux équipes rivales aux supporteurs réputés difficiles, ce match constituait l'affiche idéale pour tester l'efficacité du dispositif de sécurité déployé autour du Stade de France, en vue d'un Euro-2016 organisé sous tension, six mois après les attentats qui avaient débuté aux abords du stade.

"Nous avons dû faire face à un attroupement massif à une des portes d'entrée", qui a provoqué un mouvement de foule et débordé les forces de l'ordre, a reconnu le préfet.

Autres points faibles: les fouilles par les stadiers n'ont pas "été faites systématiquement et pas de la même façon à tous les endroits", et les supporteurs ont pu se passer des objets par-dessus le mur d'enceinte.

Des ratés qui tranchent avec les objectifs affichés: "Personne ne rentre dans ce stade sans être fouillé des pieds à la tête", avait assuré le préfet avant le match, en présentant ce dispositif.

Les mesures étaient pourtant drastiques: une enceinte de deux mètres de haut avec quatre points d'entrée contrôlés par les forces de l'ordre, puis deux filtrages supplémentaires, avec contrôle des billets et palpations par des stadiers de sociétés privées, tous badgés et passés au crible.

- 'Goulots d'étranglement' -

Face à ces failles, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a convoqué des représentants de la Fédération française de foot (FFF) et l'organisateur Euro-2016 SAS pour une réunion lundi en fin de matinée afin "d'examiner très précisément les conditions dans lesquelles le match de samedi s'est déroulé et rappeler chacun à ses obligations" avant l'Euro.

Au coeur des critiques, les attroupements créés samedi soir par ces quatre points d'entrée, testés pour la première fois.

De véritables "goulots d'étranglement" créés par les "exigences de l'UEFA", selon Jean-Christophe Lagarde, député du département, qui a demandé lundi de "revoir absolument totalement" le dispositif de sécurité.

"Je comprends qu'on veuille éviter que des gens rentrent avec des armes, mais personne n'est rentré lors des attentats de Saint-Denis avec des armes ou des bombes. En mettant des goulots d'étranglement, on va avoir des milliers de personnes agglutinées, et si vous avez une bombe humaine sur ces quatre portes d'entrée, vous vous rendez compte de la panique?", s'est inquiété le député centriste.

"Le dispositif sera recalibré", après analyse des dysfonctionnements, a promis le préfet, qui a rappelé qu'un dispositif renforcé avait déjà été testé "sur six matches précédents sans aucune difficulté" depuis la réouverture du Stade de France en mars.

Sept matches doivent y être joués lors de l'Euro-2016, dont le match d'ouverture le 10 juin France-Roumanie et le face-à-face annoncé sous tension entre l'Allemagne et la Pologne le 16 juin.

Autre question brûlante, celle de la sécurité des fans-zones, qui accueilleront 7 millions de visiteurs dans les dix villes hôtes pendant l'Euro. Celle de Paris, dans le parc du Champs de Mars, pourra recevoir jusqu'à 92.000 personnes.

"Sauf événement, sauf menace particulière, (elles) sont maintenues", a affirmé le Premier ministre Manuel Valls. "Nous avons besoin de vivre, sinon c'est la peur, et la peur c'est le repli sur soi, c'est une victoire des terroristes".

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