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23/05/2016 05:45 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016: après des ratés de la sécurité au stade de France, le gouvernement promet de rectifier le tir

Des foules agglutinées aux portes, des fumigènes introduits malgré les fouilles: les failles de la sécurité samedi soir lors d'un match au Stade de France, l'une des cibles des attentats du 13 novembre, placent le gouvernement français sous pression à trois semaines de l'Euro-2016.

Les "dysfonctionnements constatés" dans l'enceinte située au nord de la capitale pour la finale de Coupe de France OM-PSG seront corrigés "sans tarder", a promis lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'issue d'une réunion convoquée en urgence avec les représentants de la Fédération française de football (FFF) et d'Euro-2016 SAS, l'organisateur de la compétition (10 juin au 10 juillet).

Avec près de 80.000 spectateurs et deux équipes rivales aux supporteurs parfois violents, cette finale Paris-Marseille constituait l'affiche idéale pour tester l'efficacité du dispositif de sécurité déployé autour du Stade de France, où se tiendront sept matches de l'Euro-2016, sept mois après les attentats qui avaient débuté aux abords du stade.

Las, les fumigènes et les débuts d'incendies dans les tribunes, où l'on retrouvait aussi casques de motos, bouteilles en verre et tuyaux en PVC, ont révélé que le dispositif - enceinte avec quatre points d'entrée contrôlés par les forces de l'ordre et deux filtrages supplémentaires avec palpations par des stadiers de sociétés privées - n'était pas au point.

Sans parler des violences qui ont émaillé la soirée, donnant lieu à une trentaine d'interpellations et à un "usage démesuré des gaz lacrymogènes" à la sortie des spectateurs, selon un responsable de la sécurité qui a requis l'anonymat.

Le système a cédé "sur un certain nombre de points", a admis lundi le préfet du département Philippe Galli, après avoir passé sous silence les incidents la veille. "Nous avons dû faire face à un attroupement massif à une des portes d'entrée", qui a provoqué un mouvement de foule et débordé les forces de l'ordre, a-t-il reconnu.

- 'Goulots d'étranglement' -

Autres points faibles: les fouilles par les stadiers n'ont pas "été faites systématiquement et pas de la même façon à tous les endroits", et les supporteurs ont pu se passer des objets par-dessus le mur d'enceinte.

Bernard Cazeneuve s'est engagé à "garantir la fluidité de l'entrée des supporteurs dans les enceintes sportives", "fiabiliser les contrôles de sécurité par les sociétés de sécurité privées" et "sécuriser les sorties de match". Pour autant, le ministre a estimé que le match de samedi n'avait pas "valeur de test" pour l'Euro, pour lequel le dispositif prévu sera plus conséquent.

Surtout, il reviendra à l'UEFA, responsable de la sécurité à l'intérieur de l'enceinte pendant la compétition, de proposer un dispositif "adapté", souligne-t-on dans l'entourage du ministre.

La limitation à quatre du nombre des accès, exigée par l'UEFA et testée pour la première fois samedi, a entraîné de véritables "goulots d'étranglement", a dénoncé le député du département Jean-Christophe Lagarde.

"Je comprends qu'on veuille éviter que des gens rentrent avec des armes, mais personne n'est rentré lors des attentats de Saint-Denis avec des armes ou des bombes. En mettant des goulots d'étranglement, on va avoir des milliers de personnes agglutinées, et si vous avez une bombe humaine sur ces quatre portes d'entrée, vous vous rendez compte de la panique?", s'est inquiété le député centriste.

Sept matches doivent être joués au Stade de France lors de l'Euro-2016, dont le match d'ouverture France-Roumanie le 10 juin et le face-à-face annoncé sous tension entre l'Allemagne et la Pologne le 16 juin.

Autre question brûlante, celle de la sécurité des fans-zones, qui accueilleront 7 millions de visiteurs dans les dix villes hôtes pendant l'Euro. Celle de Paris, dans le parc du Champs de Mars, pourra recevoir jusqu'à 92.000 personnes.

"Sauf événement, sauf menace particulière, (elles) sont maintenues", a affirmé le Premier ministre Manuel Valls. "Nous avons besoin de vivre, sinon c'est la peur, et la peur c'est le repli sur soi, c'est une victoire des terroristes".

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