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23/05/2016 10:13 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Est de la RDC: l'ONU s'inquiète du regain des "tueries" dans la région de Beni

L'ONU s'est inquiétée lundi du regain des "tueries" dans la région de Beni, où les Casques bleus appuient une offensive de l'armée congolaise destinée à ramener la paix dans cette zone de l'est de la République démocratique du Congo.

Le Mission des Nations unies au Congo (Monusco) "exprime sa vive préoccupation face à la recrudescence des tueries dans le territoire de Beni", indique un communiqué onusien publié à Kinshasa.

La ville et le territoire de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres ayant coûté la vie à plus de 600 civils.

Début mai, près de cinquante personnes y ont été tuées dans de nouvelles attaques que l'armée congolaise et la Monusco ont attribuées aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF), implantés en RDC depuis 1995.

Le 14 mai, l'armée congolaise a annoncé le lancement d'une nouvelle opération militaire contre les ADF avec le soutien de la Monusco.

A ce stade, "le bilan est satisfaisant sur le terrain", a estimé Charles Bambara, porte-parole de la Monusco, sans être en mesure de fournir à l'AFP un bilan humain des combats.

Selon le communiqué de la Monusco, les Casques bleus ont mené de "nombreuses missions d'appui en feu aérien et d'appui au transport par hélicoptère dans la zone d'opérations, ainsi que des missions d'évacuation des blessés".

"Au moins cinq positions de l'ADF connues ont été prises", "de nombreux combattants ADF ont été neutralisés", ajoute le communiqué sans plus de précisions.

Jeudi, l'armée congolaise avait affirmé avoir conquis cinq bastions des ADF et tué 20 miliciens, sans mentionner de pertes dans ses rangs.

Un récent rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC, Université de New York) remet en cause la version des autorités et de la Monusco sur les massacres de Beni. Il soutient que les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries mais au côté d'autres éléments, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Lundi, l'ONU a annoncé l'arrivée de son envoyé spécial pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, pour une visite de cinq jours au Nord et au Sud-Kivu à la tête d'une délégation internationale destinée à "intensifier les efforts en vue de la neutralisation des groupes armés" dans l'est de la RDC, déchiré par la violence depuis plus de vingt ans.

mbb/mj/de