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21/05/2016 19:05 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Venezuela: fin de vastes exercices militaires, des civils mobilisés

L'armée vénézuélienne a achevé samedi deux jours d'exercices militaires ordonnés par le président Nicolas Maduro, lors desquels l'accent a été mis sur l'entraînement de civils pour assurer la défense du territoire et l'ordre interne dans un pays où a été décrété l'état d'exception.

M. Maduro a ordonné ces exercices de défense baptisés "Indépendance II 2016" en brandissant la menace d'une "intervention extérieure" et alors que la fièvre est brusquement montée ces derniers jours dans un Venezuela en pleine crise économique, politique et sociale.

Dans le cadre de l'état d'exception, en vigueur depuis la semaine dernière, les militaires ont été déployés vendredi et samedi dans sept États du pays, situés dans la zone côtière du nord. Ils ont mené des simulations de défense en cas de débarquement présumé de troupes ennemies et en cas d'attaques sur les installations de distribution électrique.

L'armée est prête à faire face à "des procédés internes de bouleversement, de déstabilisation", a affirmé M. Maduro samedi.

Le président avait accusé cette semaine l'opposition, majoritaire au Parlement et qui espère organiser un référendum révocatoire contre lui d'ici fin 2016, d'avoir une "attitude de coup d'Etat".

Selon le gouvernement, 520.000 militaires et miliciens ont été mobilisés pour ces exercices. Des étudiants armés de fusils et dont la plupart n'avaient pas plus de 25 ans ont également été entraînés dans des zones boisées autour de Caracas, a constaté l'AFP.

Interrogé sur la participation de civils en tant que miliciens aux manoeuvres, le ministre de la Défense Vladimir Padrino a déclaré: "Le peuple participe également à ce que nous avons appelé les organes de direction de défense intégrale", pour être impliqué "en matière de lutte non armée".

Plusieurs commandants en charge de ces exercices ont mentionné ce que le pouvoir appelle la guerre de résistance ou guerre non-conventionnelle comme un élément clé dans la défense du pays.

La guérilla contre les Etats-Unis, l'ennemi favori du chavisme (du nom du défunt président Hugo Chavez, à la tête du pays de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) est présentée comme une stratégie en cas d'intervention extérieure ou comme une façon de lutter contre un ennemi intérieur.

M. Maduro a déclaré samedi que les manoeuvres défendaient "le peuple du Venezuela et son droit à l'indépendance". Le seul chemin est "le projet de Simon Bolivar, celui de Hugo Chavez", a ajouté le dirigeant.

L'opposition a, elle, estimé que le décret promulguant l'état d'exception était "inconstitutionnel" et constituait une étape vers la "dictature".

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