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21/05/2016 10:34 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Fronde sociale en France: ruée sur les pompes à essence dans le nord-ouest du pays

De longues files d'attente aux stations essence: les automobilistes traquaient les carburants samedi dans le nord-ouest de la France, après l'instauration, par endroits, de mesures de rationnement pour éviter une pénurie liée à la fronde sociale, selon des correspondants de l'AFP.

En raison du blocage de raffineries par des opposants à une réforme du droit du travail, des arrêtés limitant la distribution de carburants ont été pris dans plusieurs départements du nord-ouest du pays.

La levée de barrages devant d'importants dépôts pétroliers a permis de réalimenter certaines stations samedi mais de nombreuses autres restaient à sec et celles encore approvisionnées ont été prises d'assaut, au prix par endroits d'embouteillages.

L'Union française des industries pétrolières (Ufip) estimait entre "15% à 20% le nombre de stations en rupture totale ou partielle dans le Grand Ouest" tandis que le groupe pétrolier Total en avait recensé 317 dans son réseau à la mi-journée, dont 54% de ses stations bretonnes, 46% en Normandie, 43% en Pays-de-la-Loire, 34% en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

A Nantes, Rennes ou Brest, il fallait parfois plus d'une demi-heure, voire une heure, pour accéder aux pompes, selon les témoignages d'automobilistes, dont certains, découragés, faisaient parfois demi-tour.

Au total, une dizaine de départements ont instauré vendredi des restrictions à la distribution d'essence. Les autorités ont également fait évacuer les accès de six dépôt pétroliers sur huit bloqués depuis plusieurs jours.

Près du Havre, des syndicalistes ont mis un terme samedi matin au blocage de la troisième raffinerie de France, appartenant au groupe américain Exxon Mobil.

A contrario, les salariés d'une raffinerie du géant français Total près de Nantes, ont bloqué avec un piquet de grève le site, dont ils avaient voté la veille la mise à l'arrêt pour une semaine.

Le gouvernement français a écarté jusqu'à présent le moindre risque de pénurie de carburants et le Premier ministre Manuel Valls a affiché sa détermination "à faire lever les barrages s'ils persistent".

Il réaffirmé que la réforme du droit du travail, contestée dans la rue depuis plusieurs mois mais passée en force à l'Assemblée nationale la semaine dernière faute de majorité, irait "jusqu'au bout, personne ne peut en douter".

Le président socialiste François Hollande a déjà assuré mardi qu'il ne renoncerait pas à sa réforme, qui a pour objectif de déverrouiller le marché du travail et lutter contre un chômage endémique avoisinant 10% de la population active.

Pour ses détracteurs, le texte est trop libéral et risque de renforcer la précarité des salariés. Depuis début mars, les opposants à cette réforme multiplient les journées de grèves et de manifestations, qui ont été émaillées de violences.

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