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21/05/2016 02:40 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Lagerbäck, l'homme qui a révélé l'Islande

Quand Lars Lagerbäck prend en 2011 la tête de la sélection islandaise, ses compatriotes suédois se demandent ce qu'il part faire dans cette galère; aujourd'hui, ils ont compris: révéler à l'Europe un vrai pays de football.

Lagerbäck, 67 ans, emmène à l'Euro-2016 une génération dorée qui lui a donné le meilleur d'elle-même: de la rigueur défensive, de la solidarité, et du sang-froid devant le but.

À son arrivée, l'Islande vient de connaître une piteuse campagne de plus au tour préliminaire de l'Euro-2012: un nul et une victoire contre Chypre, et rien d'autre que des défaites contre le Danemark, la Norvège et le Portugal.

Mais "une des raisons pour lesquelles je voulais vraiment ce boulot, c'est parce que j'ai vu les Espoirs aller en phase finale" de l'Euro-2011, dit-il dans un documentaire tourné ces deux dernières années.

Lagerbäck, qui avait fait le Mondial-2010 avec le Nigeria, obtient carte blanche. Premier étranger à ce poste depuis les années 80, il découvre un manque de cohésion, de moyens et de professionnalisme qu'il n'aura de cesse de corriger.

Ce n'est pas un effort pour lui, c'est une passion, entretenue par l'excellente ambiance qui se dégage au sein et autour du groupe. "J'aimais l'Islande déjà, mais je peux presque dire maintenant que je suis tombé amoureux de l'Islande".

Et inversement. Le mot qui revient souvent pour parler de lui sur cette petite île, c'est celui de "héros".

- Capable de renvoyer Zlatan chez lui -

Lagerbäck ne tarit pas d'éloges sur ses joueurs, avec lesquels il est très exigeant. Après chaque victoire lors des qualifications, même discours: féliciter l'équipe, et lui dire par médias interposés que rien n'était fait.

En Suède, c'est lui qui avait osé renvoyer à la maison Zlatan Ibrahimovic pour avoir passé une heure dans un bar un soir à l'avant-veille d'un match contre le Liechtenstein en 2006, quand il dirigeait la sélection.

En Islande, le sélectionneur n'a visiblement aucun problème de ce genre à gérer, et peut se concentrer sur le jeu, rien que le jeu.

"Peu importe la situation qui se présente, il s'est déjà occupé de la même ou de quelque chose de semblable au cours de sa longue carrière d'entraîneur", explique celui qui fut d'abord son adjoint, avant de devenir son égal, Heimir Hallgrimsson.

"Il est par ailleurs ferme et constant dans sa manière de préparer les entraînements et les matchs", ajoute-t-il.

Le 4-4-2 islandais, peaufiné avec minutie, ne révolutionnera pas l'histoire de la tactique, mais peut voyager tranquille.

Hallgrimsson, qui se retrouvera seul après l'Euro, reconnaît sans détour que lui et Lagerbäck misent d'abord sur l'application de leurs joueurs.

"Le football est un sport simple. Si nous sommes bien disciplinés et organisés dans notre manière d'agir et dans notre préparation, que nous utilisons toutes les forces de l'équipe, alors il n'y a pas de limite", estime-t-il.

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