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21/05/2016 02:33 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - L'Islande, maintenant c'est du sérieux

L'Islande, 323.000 habitants et tout petit pays sur la carte du football européen, n'a aucune expérience des compétitions internationales, mais ses adversaires à l'Euro seraient inspirés de prendre au sérieux une équipe en progrès constant.

Quand lors des éliminatoires elle battait sèchement les Pays-Bas, troisième du Mondial-2014, 2-0 à Reykjavik, c'était peut-être un accident. Quand elle l'emportait 1-0 à Amsterdam, contre des "Oranje" piteusement écartés de l'Euro, force était de reconnaître son talent.

"On peut battre n'importe qui", assurait l'attaquant nantais Kolbeinn Sigthorsson à l'AFP après la qualification à l'Euro-2016.

Être présent parmi les 24 équipes en lice est déjà un exploit tellement énorme que deux réalisateurs en ont tiré un documentaire intitulé "Le Glacier brûle". En espérant lui donner une suite intéressante.

L'Islande compte être le "troll" du tournoi, qui fera perdre ses moyens à un ogre du football européen, le Portugal (14 juin), avant de défier deux rivaux qu'elle ne craint pas, la Hongrie (18 juin) et l'Autriche (22 juin). Sur l'île volcanique en tout cas, on est persuadé des chances de la sélection d'accéder aux huitièmes.

Pour l'observateur extérieur, difficile de les estimer. Si elle a fait un beau parcours ces trois dernières années, passant près de la qualification au Mondial-2014 (éliminée en barrages par la Croatie), l'Islande n'a jamais disputé de phase finale d'une compétition internationale.

La seule référence est l'Euro-2011 Espoirs, disputé par six des 23 joueurs qui iront en France. Il avait bien commencé, par un paquet d'occasions contre le Bélarus. Et il s'était mal terminé: avec un Sigthorsson maladroit à la finition, les jeunes islandais avaient perdu ce match 2-0, avant d'être enfoncés par la Suisse 2-0 encore.

- Expatriation précoce et forcée -

Ça, c'était avant: un parcours symptomatique du vieux défaut des footballeurs islandais, le mental défaillant dans la compétition.

L'équipe nationale, naguère dominée par les amateurs évoluant dans un championnat très bref (mai-septembre), présente maintenant un tout autre visage. Solide en défense, généreuse dans l'effort, elle a gagné en régularité.

Le sélectionneur suédois Lars Lagerbäck peut compter sur des hommes qui ont forgé leur caractère en s'exportant. Ils arrivent de pays où ils avaient tout à prouver individuellement, parce que même si elle a progressé, la formation à l'islandaise manque encore de renom.

Le pays recense seulement quelque 20.000 licenciés, dont un tiers chez les filles, et les trois quarts âgés de moins de 15 ans. Dans ce tout petit réservoir, les talents sont repérés à un très jeune âge et sont incités à filer rapidement vers un club pro continental.

Ce fut le cas du meneur de jeu Gylfi Sigurdsson (26 ans), parti faire des essais en Angleterre à 15 ans, avant de signer à 16 ans à Reading. Ce fan de David Beckham est aujourd'hui un joueur très anglais, qui fait le bonheur de Swansea.

Même chose pour Hjörtur Hermannsson (21 ans), benjamin du groupe islandais, parti se former aux Pays-Bas à 18 ans. Il disait récemment au quotidien DV: "Je suis orange de pied en cap", lui qui est prêté par le PSV Eindhoven à Göteborg (Suède).

Mais quand ils enfilent le maillot bleu, plus rien d'autre ne compte que l'Islande, débarrassée de ses complexes de "petite équipe".

"L'Islande n'aura probablement jamais les meilleures individualités, mais on peut être mieux organisé que les meilleures équipes", lance le binôme de Lagerbäck, Heimir Hallgrimsson.

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