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21/05/2016 12:37 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Des artistes brésiliens organisent un concert contre le président intérimaire

RIO DE JANEIRO — Le chanteur brésilien Caetano Veloso, lauréat d'un Grammy en 2000, a ajouté sa voix au nombre grandissant d'artistes et des musiciens qui rejettent le gouvernement intérimaire du Brésil, lors d'un concert donné dans un édifice occupé par des manifestants.

Environ 2000 personnes se sont rassemblées vendredi soir pour une performance musicale de Veloso et d'autres chanteurs qui voulaient ainsi protester contre le président intérimaire Michel Temer et sa décision d'abolir le ministère de la Culture.

Le chanteur a incité la foule à scander «Temer dehors!» et a entonné une chanson appelée «Odeio», qui signifie «Je déteste», et les spectateurs complétaient la phrase avec le nom du président intérimaire.

Caetano Veloso a déclaré que le ministère de la Culture appartenait à tous les Brésiliens, et non à un gouvernement en particulier.

Le chanteur et acteur Seu Jorge, connu pour son rôle dans le film oscarisé «La Cité de Dieu», a également appelé au départ de Michel Temer lors du concert.

La semaine dernière, le président intérimaire a décidé de fondre le ministère de la Culture dans celui de l'Éducation, dirigé par un politicien conservateur qui n'a aucune expérience dans l'un ou l'autre de ces domaines. Samedi, toutefois, le ministre de l'Éducation Mendonça Filho a annoncé que le gouvernement renversait sa décision et rétablissait le ministère de la Culture.

Le concert a eu lieu dans un édifice gouvernemental du centre de Rio de Janeiro où des opposants au président Temer campent depuis lundi. Selon les organisateurs, des occupations semblables ont lieu dans plus de 15 autres villes du Brésil. 

Michel Temer a été élu vice-président aux côtés de la présidente Dilma Rousseff et a pris sa place sur une base intérimaire après qu'elle eut été destituée. Mme Rousseff a été suspendue de ses fonctions et pourrait être écartée définitivement du pouvoir si le procès organisé par le Sénat la déclare coupable d'avoir violé les lois fiscales.

Les alliés de Mme Rousseff accusent M. Temer d'avoir comploté pour la déloger de la présidence à travers la procédure de destitution initiée par un membre de son parti.

De leur côté, les groupes conservateurs et les politiciens qui soutiennent le président intérimaire accusent les artistes brésiliens de vivre aux crochets de l'État.