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21/05/2016 08:17 EDT | Actualisé 22/05/2017 01:12 EDT

Cannes: le jury en conclave dimanche pour choisir la Palme d'or

Après la dernière projection samedi soir, le jury du 69e Festival de Cannes se retrouvera dimanche en conclave pour décider de son palmarès dans un lieu tenu secret.

"Avec le jury, nous prenons beaucoup de plaisir. Les films sont intéressants", a déclaré cette semaine à l'AFP son président, l'Australien George Miller.

A la veille de la distribution des prix, dont le plus prestigieux, la Palme d'or, les films allemand "Toni Erdmann", américain "Paterson" et roumain "Baccalauréat" faisaient figure de favoris. Le jeu restait toutefois ouvert avec l'entrée en compétition samedi de "Elle" de Paul Verhoeven et "Le Client" d'Asghar Farhadi, bien accueillis par la presse.

Leurs téléphones confisqués pour éviter toute fuite, les jurés ne réapparaîtront qu'en début de soirée dimanche pour dévoiler leur choix, lors de la cérémonie de clôture au Palais des Festivals, en direct et en clair sur Canal+.

Après avoir longtemps délibéré à la Villa Domergue, propriété municipale avec ses jardins italiens en espaliers propices à la réflexion, le jury s'est retrouvé ces dernières années dans une autre propriété avec piscine à débordement se confondant avec la mer Méditerranée. Un nouveau lieu encore plus discret aurait été choisi pour 2016.

- Sept prix obligatoires -

Selon le règlement du Festival de Cannes, les neuf jurés doivent "obligatoirement attribuer 7 prix: la Palme d'or, le Grand Prix, les Prix de la mise en scène, du jury, du scénario et les Prix d'interprétation féminine et masculine. Le palmarès ne peut comporter qu'un seul prix ex-aequo et cette disposition ne peut s'appliquer à la Palme d'or.

Autre point incontournable: un même film ne peut recevoir qu'un seul des prix du palmarès. Cependant, le Prix du scénario et le Prix du jury peuvent être associés à un prix d'interprétation, mais uniquement sur dérogation du président du Festival, Pierre Lescure.

Dans ce cadre très réglementé, le jury dispose d'une certaine liberté comme on l'a vu en 2013 avec la Palme pour le film "La Vie d'Adèle", partagée avec les deux interprètes.

"L'ambiance des délibérations n'est jamais la même, en fonction de la personnalité du ou des présidents", avait raconté l'année dernière à l'AFP Gilles Jacob, l'ancien président du Festival.

Par tradition, un seau à champagne fait office d'urne: les jurés y déposent un petit papier plié en quatre. "En présence du président du Festival, le délégué général surveille le dépouillement et un secrétaire de scrutin note tout pour éviter toute contestation", ajoutait Gilles Jacob. "Les délibérations peuvent être longues, le vote à main levée est rarissime".

"En 1997, pour le 50e Festival, les discussions ont été vives avec de vraies engueulades entre Isabelle Adjani qui présidait le jury, et Mike Leigh", le réalisateur britannique, s'était-il souvenu.

Résultat: une Palme d'or ex-aequo décernée aux films "L'Anguille" de Shohei Imamura et "Le Goût de la cerise" d' Abbas Kiarostami. Désormais, le règlement interdit une Palme ex-aequo.

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