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20/05/2016 10:16 EDT | Actualisé 21/05/2017 01:12 EDT

Dates-clés de la crise politique en Irak

Rappel des principales dates de la crise politique en Irak, où un couvre-feu a été décrété vendredi dans la capitale après une brève intrusion dans la Zone verte de manifestants réclamant des réformes.

--2014--

- 14 août: Le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki accepte de céder le pouvoir, sous la pression notamment de ses anciens alliés américain et iranien, trois jours après la désignation de son successeur, le chiite Haider al-Abadi.

M. Maliki, également chiite, a été accusé par ses détracteurs et même ses ex-alliés d'avoir alimenté le chaos, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

- 8 sept: Le Parlement approuve le nouveau gouvernement de Haider al-Abadi, mais les portefeuilles de l'Intérieur et de la Défense ne sont pas pourvus, alors que le pays fait face à une offensive fulgurante des jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Le 18 octobre, le Parlement approuve les nominations de ces deux ministres, mettant fin à plusieurs semaines de blocage.

--2015--

- 14 fév: Un chef tribal sunnite modéré, connu pour oeuvrer à la réconciliation entre sunnites et chiites, son fils et sept gardes du corps sont assassinés après avoir été enlevés par des hommes armés à Bagdad. Le lendemain, les députés sunnites annoncent la suspension de leurs activités au sein du Parlement, dominé par les chiites.

- 9 août: Le gouvernement approuve des réformes majeures prévoyant la suppression d'importants postes et de privilèges.

Le 11 août, le Parlement approuve à l'unanimité ces réformes qui donnent au gouvernement les moyens de lutter contre la corruption et améliorer les services publics, après des semaines de contestation populaire.

La plus haute autorité religieuse chiite en Irak, l'ayatollah Ali al-Sistani, salue les réformes mais réclame d'autres mesures dans le domaine judiciaire.

- 16 août: Le Premier ministre supprime onze postes ministériels, réduisant d'un tiers le nombre de portefeuilles au sein de son gouvernement, première mesure concrète du vaste plan de réformes.

De nombreux rassemblements ont lieu à Bagdad et dans le Sud contre la corruption et l'incompétence de la classe politique, sur fond de coupures quotidiennes d'électricité.

--2016--

- 18 mars: Début d'un sit-in de deux semaines de partisans du dignitaire chiite Moqtada Sadr devant la Zone verte. Le 27 mars, M. Sadr entre dans cette zone afin d'accentuer la pression sur le gouvernement.

- 26 avr: Les députés approuvent seulement une partie des candidats proposés au nouveau gouvernement, lors d'une séance houleuse, des députés jetant des bouteilles en direction du Premier ministre.

Des milliers d'Irakiens manifestent à proximité du Parlement pour réclamer des réformes, répondant à un nouvel appel de Moqtada Sadr.

M. Abadi tente depuis plusieurs semaines de faire approuver par le Parlement un nouveau gouvernement composé de technocrates. Mais un certain nombre de politiciens redoutent la disparition de l'attribution des ministères sur une base politique qui leur assurait de nombreux avantages.

- 28 avr: Le vice-président américain Joe Biden arrive à Bagdad pour une visite surprise. Les Etats-Unis craignent que la crise politique "ne détourne" les autorités de la lutte contre l'EI, selon un haut responsable américain en marge de cette visite.

- 30 avr: Des milliers de manifestants pénètrent dans la Zone verte et occupent le Parlement durant plusieurs heures. Ils se retirent de cette zone le lendemain.

- 11-17 mai: Plus de 150 personnes, surtout des civils, sont tuées dans des attaques perpétrées par l'EI dans la capitale.

- 20 mai: Un couvre-feu est décrété à Bagdad où des partisans de Moqtada Sadr ont pénétré brièvement dans le bureau du Premier ministre dans la Zone verte.

Le leader chiite Sadr met en garde contre la répression de "manifestations pacifiques".

acm/mer