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19/05/2016 16:55 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Venezuela: Human Rights Watch et des politiques colombiens en appellent à l'OEA

L'ONG Human Rights Watch et d'ex-présidents colombiens ont appelé jeudi les membres de l'Organisation des états américains (OEA) à se prononcer fermement sur la crise au Venezuela, lors de la présentation à Bogota d'un livre de l'opposant vénézuélien emprisonné, Leopoldo Lopez.

"La situation au Venezuela ne peut être plus grave, nous sommes témoins d'une situation de réelle crise", a déclaré aux journalistes José Miguel Vivanco, directeur de HRW pour les Amériques.

"Je pense que les faits parlent d'eux-mêmes et exigent un constat clair et ferme de la part de la communauté régionale: la parole est à l'OEA", a-t-il ajouté.

M. Vivanco assistait à la présentation, organisée à la mairie de Bogota, du livre "Preso pero libre" (Prisonnier mais libre) de Leopoldo Lopez, condamné à près de 14 ans de prison pour incitation à la violence lors de manifestations contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui avaient fait 43 morts en 2014.

L'opposition vénézuélienne fait campagne en faveur d'un référendum révocatoire contre M. Maduro, qui a décrété l'état d'exception en fin de semaine dernière et accuse ses opposants de fomenter la violence afin de justifier une intervention étrangère.

Le secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, lui a récemment adressé une lettre ouverte, l'avertissant qu'il serait un "dictateur en herbe" s'il empêche ce référendum. Les parlementaires de l'opposition ont de leur côté appelé l'OEA à invoquer "d'urgence" la Charte démocratique interaméricaine afin de traiter cette crise au niveau régional.

M. Vivanco a estimé qu'il "est indispensable que l'OEA invoque la Charte démocratique pour répondre aux menaces contre l'ordre démocratique au Venezuela". Elle est faite "précisément pour des situations telles que celle que traverse le Venezuela: un gouvernement qui concentre le pouvoir, qui agit de manière discrétionnaire et arbitraire, qui détient sans jugement ceux qui le critiquent", a-t-il estimé.

Quatre ex-présidents colombiens étaient présents à la présentation du livre de l'opposant vénézuélien: Belisario Betancur (1982-1986), César Gaviria (1990-1994), Andrés Pastrana (1998-2002) et Alvaro Uribe (2002-2010), outre le maire de Bogota, Enrique Peñalosa.

L'épouse de M. Lopez, Lilian Tintori, a pour sa part appelé à l'union de la communauté internationale face à la crise vénézuélienne, estimant que "nous devons nous unir dans la défense des droits humains et ne pouvons permettre ce qui est en train de se passer".

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