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19/05/2016 06:37 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Russie: le FMI moins pessimiste pour 2016 mais inquiet pour le long terme

Le FMI s'est montré jeudi moins pessimiste à court terme pour la Russie, qui traverse sa plus longue récession depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, mais s'est inquiété de ses faibles perspectives de croissance à plus long terme faute de diversification de son économie.

Dans un rapport publié jeudi, le Fonds monétaire international dit attendre une contraction du produit intérieur brut "d'environ 1,5%" cette année et une croissance de 1% l'an prochain, contre respectivement -1,8% et +0,8% jusqu'alors.

Mais "les perspectives de croissance à moyen terme restent modérées" et "faute de réformes structurelles significatives, la croissance à long terme devrait se stabiliser autour de 1,5%", prévient le Fonds.

La Russie traverse une profonde récession du fait de l'effondrement des cours du pétrole, qui représente une partie importante de ses revenus, et des sanctions imposées par les Occidentaux en raison du rôle présumé joué par la Russie dans la crise ukrainienne.

Son PIB a diminué de 3,7% l'an dernier, plombé notamment par une chute du niveau de vie des ménages à cause de l'envolée de l'inflation.

La brusque accélération en début d'année du plongeon des cours du pétrole avait fait craindre le pire pour cette année. Si la crise se prolonge effectivement, l'économie russe semble toutefois avoir mieux résisté que prévu à ce choc au premier trimestre avec une baisse du PIB de 1,2% sur un an, selon une estimation du service des statistiques Rosstat publiée cette semaine. L'inflation reflue et la consommation semble se stabiliser.

D'autre part, les cours de l'or noir ont nettement remonté la pente ces dernières semaines, ce qui pourrait atténuer les difficultés du pays.

Nouveau signe positif jeudi: la production industrielle a progressé de 0,5% sur un an en avril. "Les mesures prises par les autorités ont conduit à une stabilisation de la situation et permis un ajustement de l'économie à la baisse des cours du pétrole et aux sanctions", a estimé jeudi Ernesto Ramirez Rigo, chef de la mission du FMI en Russie, lors d'une conférence de presse.

"Malheureusement, à court terme il y a un besoin important d'ajustement budgétaire et cela va peser sur l'économie", a-t-il mis en garde.

Face à la brusque réduction des revenus tirés des hydrocarbures, qui représentaient dans les années fastes la moitié des rentrées budgétaires, le gouvernement a dû adopter des mesures de rigueur en réduisant ses dépenses et n'augmentant les salaires des fonctionnaires et les retraites qu'à un niveau bien plus faible que l'inflation.

Dans son rapport, le FMI appelle à un plan de mesures d'économies axé sur le long terme ainsi qu'à une "urgente" réforme des retraites, tout en plaidant pour que soient préservées les dépenses favorables à la croissance comme les investissements publics, l'éducation et la santé.

Pour le long terme, la Russie "a l'opportunité de profiter du taux de change devenu plus compétitif mais les freins structurels qui ont pesé sur les investissements dans le passé persistent et cela va exiger des réformes structurelles", a estimé Ernesto Ramirez Rigo.

Le Fonds adresse une série de recommandations à Moscou pour favoriser le climat des affaires: réduire la bureaucratie, rendre le marché du travail plus flexible et plus en phase avec les besoins de l'économie, ainsi qu'investir dans l'innovation.

Les autorités russes affirment de longue date vouloir réformer l'économie pour la rendre moins dépendante à l'évolution du marché pétrolier, sans réel résultat jusqu'à présent.

gmo/kat/nos