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19/05/2016 02:33 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Pour Berlin, l'allègement de la dette grecque attendra 2018

Le gouvernement allemand considère que d'éventuelles mesures d'allègement de la dette grecque n'auront lieu qu'à partir de 2018, une fois le programme d'aide actuel achevé, mais surtout après les élections législatives en Allemagne.

"A l'été dernier, l'Eurogroupe avait expliqué être prêt, si nécessaire, à envisager des mesures supplémentaires pour maintenir à un niveau supportable les besoins en financement de la Grèce", rappelle un document du ministère allemand des Finances.

"Ces mesures auraient lieu sous condition d'une complète mise en oeuvre du programme (d'aide) en 2018", ajoute ce compte-rendu de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles le 9 mai, présenté à une commission parlementaire et que l'AFP a pu consulter.

En insistant sur le fait que tout allègement de la dette grecque ne peut avoir lieu avant la fin complète du programme d'aide en cours, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble "est bien décidé (...) à éviter tout vote parlementaire avant les élections législatives" en Allemagne prévues à l'automne 2017, a commenté le quotidien économique Handelsblatt.

En Allemagne, où les mesures d'aide financière à la Grèce soulèvent généralement des critiques, le gouvernement doit obtenir l'aval du Parlement pour chaque nouveau programme d'aide ou modification substantielle de ceux-ci. Jusqu'à présent, le Bundestag a toujours donné son feu vert, mais ces votes ont été révélateurs de tensions politiques sur le sujet notamment au sein du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel.

A l'issue de la dernière réunion de l'Eurogroupe, son président Jeroen Dijsselbloem avait pourtant indiqué souhaiter un accord sur la dette grecque dès la prochaine réunion régulière des 19 ministres de la zone euro, le 24 mai.

Cette question figure d'ailleurs officiellement à l'agenda, à la grande satisfaction d'Athènes qui réclame ardemment un allègement de sa dette abyssale (pesant 180% de son PIB) et a reçu sur ce point le soutien du Fonds monétaire international (FMI).

Selon le Wall Street Journal, le FMI voudrait que la zone euro autorise la Grèce à ne pas payer d'intérêts sur les prêts qui lui ont été accordés jusqu'en 2040.

Au risque de heurter l'Allemagne, le premier créancier, l'institution basée à Washington maintient depuis le début que le programme d'aide ne peut être vraiment viable que si en parallèle la dette est allégée.

Elle en a fait une condition pour s'associer au plan d'aide. Or cette participation du FMI est "indispensable", réaffirme le ministère allemand des Finances, dans son document aux parlementaires.

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