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19/05/2016 06:36 EDT | Actualisé 19/05/2016 06:57 EDT

Oléoduc: avis technique favorable pour le Trans Mountain dans l'ouest du Canada

PC

L'Office national de l'énergie (ONE) a recommandé jeudi au gouvernement canadien d'approuver, sous conditions, l'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain entre l'Alberta (ouest) et la côte pacifique, afin d'en tripler sa capacité, provoquant la colère des opposants.

Pour l'ONE, "les avantages" du projet de 5,4 milliards de dollars américains "l'emporteraient sur les inconvénients résiduels", procurant "des avantages considérables à l'échelle" du Canada et pour la région ouest.

L'agrandissement de cet oléoduc de près d'un millier de kilomètres par la société américaine Kinder Morgan est âprement contesté par les populations amérindiennes de la Colombie-Britannique et les environnementalistes pour les risques sur les terres et les nappes phréatiques en cas de fuite. L'Office de l'énergie, qui examinait le projet depuis deux ans, a toutefois reconnu que les avantages sont minimes au niveau local.

Le dossier est maintenant sur le bureau du gouvernement fédéral qui devra rendre un arbitrage difficile, sachant que l'ONE a assorti sa recommandation sous réserve du respect de 157 conditions portant sur la sécurité, la protection de l'environnement et les interventions d'urgence ou encore sur les terres et le transport maritime.

Sous la pression des pétroliers et des intérêts de certaines provinces, le gouvernement doit assurer la sortie du pétrole de l'Alberta vers les marchés étrangers d'autant que le veto opposé par le président Barack Obama à l'oléoduc Keystone XL a réduit les débouchés vers les raffineries du golfe du Mexique.

Le gouvernement est également soumis aux contraintes environnementales et ses engagements à la dernière conférence sur le climat de Paris en décembre. Pour Mike Hudema de Greenpeace, cet avis positif "a totalement ignoré ce qu'exige en urgence le climat".

Jeudi, le ministre des Ressources naturelles Jim Carr a assuré qu'avant d'arrêter sa décision, le gouvernement allait consulter "les peuples autochtones concernés le long du tracé" de cet oléoduc.

Avant d'envisager un feu vert, le gouvernement veut en préalable "rétablir la confiance de la population", car "sans cette confiance, aucun projet de pipeline ne se réalisera".

Une tâche ardue tant les réactions sont vives. "Dix-sept communautés des Premières Nations vivant sur le tracé prévu pour le pipeline (...) se sont déjà exprimées contre ce projet", a rappelé Mélina Laboucan-Massimo, autochtone de l'Alberta.

Ce projet signifierait une "expansion des sables bitumineux", a ajouté cette responsable de Greenpeace en appelant le Premier ministre Justin Trudeau à le bloquer s'il souhaite, comme il le clame, travailler à une réconciliation avec les peuples autochtones.

Le projet Trans Mountain vise à construire un oléoduc sur 987 kilomètres entre Edmonton, capitale de l'Alberta, et Burnaby en Colombie-Britannique, dans la proche banlieue de Vancouver, pour passer la capacité du réseau existant de 300.000 à 890.000 barils par jour. Le projet nécessiterait l'ajout d'équipements comme des stations de pompage ou des réservoirs, la remise en service d'un oléoduc de 193 kilomètres et l'agrandissement du terminal maritime Westridge.

Près de 90 % du tracé du nouvel oléoduc longe l'existant, permettant "de réduire la nécessité de nouvelles perturbations et les incidences éventuelles de la construction", selon l'ONE.

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