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19/05/2016 16:28 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Manuel Tadros rêve lui aussi de la Palme d'or pour son fils Xavier Dolan

MONTRÉAL — Xavier Dolan ne l'a jamais caché: il rêve de remporter un jour la Palme d'or au Festival de Cannes.

À quelques heures de la projection de son nouveau film, «Juste la fin du monde», au célèbre festival, son père, l'acteur Manuel Tadros, ne cachait pas qu'il rêve de la même chose pour son fils.

«C'est sûr que je rêve qu'il ait la Palme d'or, comme j'ai rêvé qu'il l'ait pour "Mommy"», a-t-il raconté à La Presse Canadienne en entrevue téléphonique.

Joint également après la projection, tard jeudi à Cannes, M. Tadros a parlé de la réaction dans la salle comme de l'expression «d'un grand amour, d'une grande admiration». Il a évoqué une ovation d'environ «huit minutes et demie» — plusieurs médias sur place ont parlé d'une ovation de six minutes.

M. Tadros a confié que Xavier Dolan avait été «très, très ému». «Il s'est mis à avoir les larmes aux yeux. Il s'est jeté dans les bras de ses acteurs, et ils l'ont serré fort dans leurs bras. C'était un moment humain formidable, et puis je pense qu'il était bien, apaisé», a-t-il affirmé.

L'accueil réservé à «Mommy» à Cannes en 2014 avait été dithyrambique. Les rumeurs de Palme ont suivi la projection du film et ne se sont pas atténuées jusqu'à la cérémonie, d'où Xavier Dolan est finalement reparti avec le Prix du jury, ex-aequo avec «Adieu au langage» de Jean-Luc Godard.

L'affiche de «Juste la fin du monde» inclut d'aussi grands noms que Marion Cotillard, Vincent Cassel et Nathalie Baye. Il s'agit d'une adaptation de la pièce du dramaturge français Jean-Luc Lagarce, qui raconte l'histoire d'un homme qui retourne dans son village natal pour annoncer sa mort prochaine aux membres de sa famille.

Les journalistes et critiques qui ont déjà pu voir le film lui ont jusqu'ici réservé un accueil mitigé. Manuel Tadros estime pour sa part que les échos qui parviennent à ses oreilles sont plutôt positifs.

«J'ai entendu des échos de quelques camarades qui étaient là. C'est très positif, selon ce que j'entends ici. Il n'y a rien de vraiment négatif, il y a juste des petites choses (...) Mais sinon, en général, il y a des gens qui ont été dithyrambiques, qui ont dit que c'était un chef-d'oeuvre», s'exclame Manuel Tadros, qui ne cache pas sa fierté devant les réussites de son fils.

L'acteur québécois est arrivé à Cannes sans avoir vu le film de son fils, qu'il a découvert pour la première fois lors de la projection officielle, jeudi soir.

«J'ai vu les vidéos de trois critiques français importants, et personne n'a été radicalement déçu, a-t-il poursuivi en soirée, concernant l'accueil réservé au film. La critique n'était pas mauvaise, il y avait toujours quelque chose de positif sur le film. (...) Des gens critiquaient les longs silences, mais moi, ce sont les moments qui m'ont plu le plus, car c'est alors que l'émotion monte, et ça vient nous chercher.»

Lorsque nous lui avions parlé plus tôt dans la journée, il n'avait pas encore eu la chance de voir son fils.

«Je me sens très bien, confiait-il. J'ai très, très hâte d'être assis derrière lui, de l'épauler, de lui donner mon amour, de l'encourager comme toujours dans tout ce qu'il accomplit. C'est un garçon qui a cette magie de pouvoir créer sa réalité comme des centaines de gens essaient de le faire. Je ne sais pas comment il réussit, avec cette force intérieure qu'il a, de créer sa réalité, d'atteindre ses rêves, de les réaliser... C'est simplement par amour paternel que je suis là.»

Et si, oui, le père rêve de la plus haute distinction pour son garçon, il sait aussi que peu importe ce qui arrivera, il n'aura pas à s'inquiéter pour son avenir.

«On dirait qu'il est, malgré tout, le chouchou, quoi qu'il arrive. Il est adulé par les Français, c'est leur chouchou. On verra bien ce qui va se passer, mais j'ai confiance qu'il va se passer quelque chose, parce que quand Xavier est là, il se passe toujours quelque chose.»