NOUVELLES
18/05/2016 20:45 EDT | Actualisé 19/05/2017 01:12 EDT

"Madame Butterfly" en ouverture de la saison 2016-2017 de la Scala

"Madame Butterfly", de Puccini, sous la direction de Riccardo Chailly, ouvrira en décembre la saison 2016-2017 de la Scala de Milan, qui mettra à l'honneur la tradition italienne avec neuf oeuvres sur les quinze opéras présentés.

"Le théâtre va mettre en avant la grande tradition italienne, cette couleur spécifique par laquelle la Scala est devenue célèbre dans le monde entier", a expliqué son directeur artistique et surintendant Alexander Pereira, lors d'une conférence de presse.

Il a souligné que cela s'inscrivait dans "la lignée des années précédentes", avec au moins la moitié de son programme d'opéras composé d'oeuvres italiennes.

"Madame Butterfly", née à la Scala en février 1904, sera présentée pour la première fois depuis 112 ans dans sa version originale, sous la baguette de Riccardo Chailly, qui assume depuis le 1er janvier la fonction de directeur musical, et dans une mise en scène d'Alvis Hermanis.

"En 1904, cette première fut très contestée, parce que l'époque n'était pas encore prête à avoir un opéra où une femme se tue devant le public en faisant un harakiri", a souligné M. Pereira, en estimant nécessaire que le public puisse aujourd'hui la découvrir "dans la version dans laquelle Puccini l'avait pensée initialement".

Le théâtre confirme ainsi "son dessein de ramener (à la Scala) des opéras qui y avaient été présentés pour la toute première fois".

Parmi les autres oeuvres italiennes, figurent notamment "Don Carlo" de Verdi, sous la direction de Myung-Whun Chung, "Falstaff" et "La Traviata" de Verdi, sous la direction respective de Zubin Mehta et de Nello Santi, ou encore "La Bohème" de Puccini, avec les débuts à la Scala de Sonya Yoncheva que M. Pereira a présentée comme "l'une des chanteuses les plus intéressantes de la nouvelle génération".

Mais comme "naturellement nous ne pouvons pas oublier qu'il y a d'autres grands opéras dans le monde", a souligné M. Pereira, lui-même Autrichien, "nous aurons quatre opéras importants allemands", dont "Hänsel et Gretel" d'Humperdinck et "Les maîtres chanteurs de Nüremberg" de Wagner.

Mozart sera aussi à l'honneur, avec "Don Giovanni", sous la direction de Paavo Järvi et dans une mise en scène de Robert Carsen, et "L'Enlèvement au Sérail", avec lequel la jeune soprano française Sabine Devieilhe débutera à la Scala.

- Protestations de danseurs -

Le nombre d'opéras, 15, est le même que l'an passé, alors qu'il avait oscillé entre 10 et 14 entre 2008 et 2014, mais il reste inférieur à d'autres grandes maisons comme celles de Londres, Paris ou Vienne.

Alors que l'annonce la semaine passée de la saison de ballet avait été marquée par des protestations des danseurs, qui critiquaient la part trop importante accordée à la danse contemporaine, un accord a finalement été trouvé avec l'introduction dans le programme de "Symphonie en do" de Georges Bizet, lors d'une soirée où seront aussi présentées La Valse" de Ravel et "Shéhérazade" de Rimskij-Korsakov (avril-mai).

Le corps de Ballet est désormais dirigé par Mauro Bigonzetti, qui pour sa première saison a décidé d'augmenter de six à sept le nombre de titres, dont quatre créations parmi lesquelles "Coppélia" de Delibes.

M. Bigonzetti a souligné qu'il était "fondamental pour le renforcement d'une compagnie" de pouvoir compter sur "de nouvelles créations, de renouveler le répertoire dans le respect de l'histoire et du développement des artistes, mais aussi de maintenir les grands titres des XVIIIe et XIXe siècles et de donner l'élan à la créativité actuelle".

Les danseurs avaient expliqué de leur côté leur crainte de devenir une "compagnie d'auteur" et de voir ainsi disparaître ce qui fait l'identité et l'excellence du corps du ballet, avec le risque de "perdre la forme physique" s'il y a pas suffisamment de titres classiques et donc d'entraînement dédié.

Concernant le financement de la Scala, M. Pereira a souligné qu'alors que "tous les établissements publics (italiens) ont des problèmes d'argent", la Scala détient parmi "tous les théâtres publics européens" la première place concernant les ressources venues du privé, avec plus du tiers de ses fonds alloués par des mécènes italiens et étrangers. "C'est un bon système mais qui impose de trouver chaque année cet argent, pour avoir la chance de croître et de s'imposer comme une institution mondiale", a-t-il noté.

cco/ob/mf