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18/05/2016 21:42 EDT | Actualisé 19/05/2017 01:12 EDT

Le grand maître sud-coréen du go veut dire adieu à l'association professionnelle

Le grand maître sud-coréen du jeu de go célèbre pour son combat contre le superordinateur de Google AlphaGo, veut se séparer de l'association des joueurs professionnels qui prélève une partie de ses gains, a annoncé un responsable jeudi.

Lee Se-Dol, 33 ans, qui a 18 titres internationaux à son tableau de chasse, est l'un des plus grands joueurs de l'ère moderne de ce jeu très ancien.

En mars, l'homme avait perdu face à la machine par 4 manches à une mais cette compétition avait permis de renforcer la notoriété internationale d'un jeu dont la popularité se limitait largement à l'Asie de l'Est.

Dans une lettre adressée à l'Association sud-coréenne des joueurs de go (GPA) mardi, Lee juge injuste le fait que les joueurs soient contraints de verser 15% de leurs gains à cette organisation. Il explique qu'il veut quitter cette instance.

Le contenu de cette lettre a été confirmé par un porte-parole de la plus grande association du jeu de go de Corée du Sud, l'association Baduk (go en coréen), qui gère tous les clubs et compte des milliers de membres.

Ce porte-parole a expliqué que Lee serait le premier joueur à quitter l'instance des joueurs professionnels depuis sa création voici 50 ans.

En Corée du Sud, tout joueur de go qui veut concourir sur le circuit professionnel doit être membre de la GPA.

Des dizaines de tournois sont organisés en Asie orientale chaque année -pour les individus comme pour les "équipes professionnelles- et les stars gagnent des millions de dollars.

La GPA compte environ 300 membres certifiés. Même les joueurs les plus modestes peuvent gagner correctement leur vie grâce à ces tournois et à l'enseignement du jeu.

Les membres doivent verser entre 3 et 15% de leurs recettes à une "réserve" de la GPA, qui donne aux joueurs partant à la retraite une cagnotte pouvant aller jusqu'à 40 millions de wons (30.000 euros).

Les grands maîtres comme Lee se plaignent d'une contribution disproportionnée.

Ce jeu ésotérique est né en Chine voici 3.000 ans. Il est très populaire en Chine, au Japon et en Corée du Sud et compte plus de 40 millions d'adeptes dans le monde.

Deux adversaires tentent d'occuper le plus d'espace sur un plateau quadrillé en plaçant alternativement des pions (pierres) noirs et blancs.

La taille du tablier - 19 lignes sur 19 - offre un nombre incalculable de configurations possibles - davantage qu'il n'y a d'atomes dans l'univers.

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