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19/05/2016 12:25 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

L'ONU exhorte la Somalie a bien tenir des élections en août

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est rendu en Somalie jeudi pour insister auprès des autorités sur la nécessité de tenir les élections en août, mettant en garde contre des querelles politiques pouvant entraver le processus vers une plus grande stabilité.

Le Parlement n'ayant jusqu'à présent pas soutenu la réforme électorale proposée par le gouvernement, le Conseil de Sécurité a exhorté le pays à sortir de l'impasse.

"Nous sommes très inquiets qu'une partie ne fasse capoter l'accord, car bientôt tout pourrait péricliter", a alerté l'ambassadeur du Royaume-Uni, Matthew Rycroft, l'un des 16 membres de l'équipe onusienne venue à Mogadiscio.

Les premières élections au suffrage universel depuis 40 ans étaient prévues en 2016, à l'expiration du mandat des institutions actuelles, en place depuis 2012. Mais le gouvernement y a renoncé en raison de délais trop courts et de l'insécurité. A la place, il a choisi de confier aux clans l'élection des députés d'une chambre basse et aux représentants régionaux celle d'une chambre haute.

Certains parlementaires, réticents à quitter leur siège, bloquent les textes visant à installer le nouveau système électoral.

"Nous exhortons le Parlement à approuver ce système, c'est une question d'extrême urgence", a insisté M. Rycroft.

Il s'agira du second scrutin depuis 1991, les dernières élections datant de 2012. Les anciens des différents clans s'étaient alors réunis dans la capitale afin de désigner les députés qui défendraient leurs intérêts. Les diplomates estiment que le nouveau système est meilleur et plus représentatif; il représenterait une première étape vers de réelles élections démocratiques, en 2020.

"Cela n'a rien d'un suffrage universel, mais c'est une passerelle et, espérons-le, ils pourront y parvenir en 2020", a déclaré le Britannique.

En raison des risques sécuritaires, les diplomates de l'ONU n'ont pas quitté l'enceinte fortifiée de l'aéroport de Mogadiscio: ce sont les officiels somaliens qui sont venus à eux.

"Nous sommes très heureux, très optimistes et un petit peu fatigués", leur a dit le président somalien Hassan Sheikh Mohamud, avant de promettre que les élections se tiendraient bien en août.

En coulisses, les diplomates disaient envisagaient des retards, certains reconnaissant ne pas attendre un vote avant la fin de l'année. "Le risque avec le retard est de tomber dans une spirale infernale", a averti M. Rycroft. "Il y a eu beaucoup de progrès de faits, mais cela reste fragile, et réversible."

La Somalie tente de sortir du chaos et de la guerre civile dans lesquels elle a sombré en 1991. Les insurgés islamistes shebab ont juré la perte des fragiles autorités somaliennes, épaulées dans leur combat par la Force de l'Union africaine (Amisom), déployée depuis 2007.

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