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19/05/2016 16:05 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

L’agente de renseignement « n’était pas bienvenue » au MTQ, dit Poëti

L'ancien ministre des Transports Robert Poëti, qui a embauché l'agente de renseignement Annie Trudel, dit que celle-ci n'était pas particulièrement bien accueillie au ministère des Transports dans le cadre de son travail.

Le mandat de Mme Trudel consistait à conseiller le ministre des Transports pour assurer l'intégrité du ministère, de ses employés et de ses processus, et de s'assurer de la conformité des attributions de contrats. Or, Mme Trudel a démissionné en avril dernier, dénonçant dans sa lettre de démission le manque de collaboration de la part du nouveau cabinet après le départ de Robert Poëti en janvier.

Dans cette lettre, qui a été rendue publique, Mme Trudel laisse entendre qu'on a saboté son travail et elle évoque des difficultés pour obtenir de l'information.

En entrevue à Radio-Canada, l'ancien ministre Poëti, maintenant député, souligne que même à l'époque où il était ministre des Transports, l'agente de renseignements n'était pas toujours bienvenue lorsqu'elle souhaitait rencontrer des gens. « Quand j'étais là, j'ai dû lui faire ouvrir des portes. À plusieurs occasions. »

Plusieurs personnes au ministère étaient toutefois prêtes à collaborer, insiste-t-il. Lors de son départ du ministère, M. Poëti dit qu'il a fait part de ses « inquiétudes » à son remplaçant Jacques Daoust, et qu'il lui a dit qui étaient les « alliés sur qui il pouvait compter -  parce qu'il y en avait beaucoup au ministère », dit-il.

Une lettre de M. Poëti à son successeur datée du 27 avril et rendue elle aussi publique, témoigne de son impatience face au fait que trois mois après qu'il eut perdu son poste, « aucune requête provenant du cabinet, ou du nouveau ministre, pour faire une transition ou, minimalement, s'informer des dossiers qui étaient en cours ou sur le point d'être traités n'a été signifiée ».

Est-il possible que son collègue Jacques Daoust n'ait pas été aussi préoccupé que lui de permettre à Mme Trudel de bien remplir son mandat? M. Poëti  croit qu'il faut lui « laisser le temps d'arriver », mais avoue être inquiet à la lecture de la lettre de démission de Mme Trudel.

« Il apparaît dans cette lettre-là qu'elle n'a pas été reçue facilement. En tout cas, c'est l'interprétation que je fais de cette lettre-là. C'est qu'elle ne sentait pas les portes ouvertes. »

M. Poëti dit qu'il avait embauché Annie Trudel spécifiquement parce qu'il voulait s'assurer que l'imputabilité était respectée au sein du ministère des Transports. « Tant qu'elle a été là, moi, j'étais rassuré. On avait de l'information. »

« Elle était issue de l'UPAC , elle avait travaillé sur plusieurs dossiers […] d'ailleurs, c'est monsieur Duchesneau qui me l'avait référée parce qu'elle avait travaillé même au ministère des Transports à l'époque. »

Le premier ministre Philippe Couillard a démis de ses fonctions aujourd'hui la sous-ministre aux Transports, Dominique Savoie, après avoir pris connaissance de la lettre de démission déposée par Annie Trudel. Le chef de cabinet de Jacques Daoust, Pierre Ouellet, a également quitté ses fonctions.

M. Couillard a aussi annoncé que son gouvernement allait légiférer pour créer un poste d'inspecteur général au ministère des Transports. Son rôle sera similaire à celui qui a été confié à Denis Gallant par la Ville de Montréal.

L'affaire a de nouveau monopolisé l'attention jeudi lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. Les partis d'opposition ont accusé le gouvernement, et plus particulièrement le premier ministre Couillard, de s'être traîné les pieds dans ce dossier.