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19/05/2016 07:05 EDT | Actualisé 19/05/2016 07:06 EDT

«Juste la fin du monde»: Xavier Dolan souffle le chaud et le froid

Souvenez-vous. Une ovation de plusieurs minutes venant d’un public conquis, en 2012, Xavier Dolan séduit la plupart des critiques du Festival de Cannes avec son Mommy. On lui prédit alors la Palme d’or, le réalisateur québécois repartira avec le prix du Jury ex aequo avec Jean-Luc Godard.

Deux ans plus tard, la presse lui réserve un tout autre accueil. Son sixième long métrage, Juste la fin du monde, présenté mercredi, laisse un public de journalistes perplexe et mutique. Au générique de fin, quelques claquements de mains polis et des huées parsèment la salle, selon les témoins sur place. La réception est mitigée et le chouchou de 27 ans ne fait plus l’unanimité.

Mais les défenseurs de cette production adaptée d’une pièce du Français Jean-Luc Lagarce se font entendre rapidement. Dès le lendemain, Télérama titre en une «Un huis clos familial d'une intensité magnifique».

Le Monde trouve «dommage» les réactions sur la Croisette, car «malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de "connard ascendant violent", Vincent Cassel, notamment, est dément», écrit Isabelle Regnier.

Dans les pages du Guardian, le Britannique Peter Bradshaw parle d’une «évocation brillante». Selon le critique, l’œuvre est «une cocotte-minute d'anxiété, un film avec les cadrans tournés jusqu'à 12. L’écouter, la regarder, c’est comme avoir votre tête dans les enceintes à un concert de Motörhead.»

Le fameux Variety, sous la plume de Peter Debruge, ajoute que c’est le long métrage de la maturité. «On trouve une maturité bienvenue dans Juste la fin du monde qui était absente dans ses cinq films précédents, et aussi une rare retenue.»

Si Indiewire demeure impressionné par la distribution (Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Nathalie Baye et Vincent Cassel), le très populaire site américain émet de fortes réserves jusqu’à relever des «problèmes de scénarios» et des «fausses notes» quant à la narration. Bref, «La leçon que l'on peut en tirer, c'est que Dolan est un maître sur son propre terrain, mais qu'il est moins assuré lorsqu'il explore le territoire de quelqu'un d'autre», ajoute Eric Kohn.

Même son de cloche pour The Hollywood Reporter qui n’a pas du tout été convaincu par cette proposition qui va «probablement mettre d'accord les pro et les anti Dolan: ce n'est pas très bon». Pendant que Le Point juge le film «pas aimable», le magazine Screen le décrit comme «mineur».

La RTBF enfonce le clou: «Le procédé est assez puéril, et on a envie de conseiller à Dolan, plutôt que de se prendre pour l’Ingmar Bergman canadien, de se consacrer exclusivement à la réalisation de clips musicaux pour Indochine et Adèle, c’est encore ce qu’il fait de mieux». Toutefois, on doit la conclusion la plus cinglante au site The Wrap qui n’hésite pas à traiter le film de «ratage total».

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