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19/05/2016 06:53 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

France: mal en point, le parti écologiste perd six députés, qui rallient les socialistes

En pleine implosion, le parti écologiste français Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a perdu jeudi son groupe à l'Assemblée nationale, six de ses députés ayant annoncé qu'ils rejoignaient les rangs socialistes.

Ce départ constitue un nouvel épisode de l'hémorragie subie depuis des mois par le parti EELV, initialement partie prenante de la majorité de gauche issue en 2012 de l'élection de François Hollande à la présidentielle avant que certains ne s'en éloignent.

"Une dérive sectaire a saisi EELV, concrétisée par le départ brutal et unilatéral du gouvernement", écrivent ces députés dans un communiqué commun avec leurs confrères socialistes.

"Pourtant, chacun de nous a conscience de la nécessité impérieuse d'engager un rassemblement des forces de progrès face au danger de la montée de l'extrême droite, ajoutent-ils. Entretenir et cultiver les divisions de la gauche serait plus qu'une erreur : ce serait une faute, une impasse."

Les rangs écologistes à l'Assemblée nationale ne comptent plus que 9 membres après ces départs, un nombre insuffisant pour conserver leur "groupe" (doté de moyens et de droits suplémentaires).

Les déchirements au sein du parti EELV remontent à avril 2014, quand les deux ministres écologistes ont quitté le gouvernement pour cause d'incompatibilité avec le Premier ministre Manuel Valls et sa ligne social-libérale.

Depuis, le parti se divise entre partisans d'un rapprochement avec l'extrême gauche et soutiens des socialistes au pouvoir.

Trois écologistes ont fait leur retour au gouvernement en février, dont Emmanuelle Cosse qui a abandonné sa fonction de secrétaire nationale d'EELV à cette occasion.

Par ailleurs, le député écologiste français Denis Baupin, accusé par des élues de "harcèlement" et "agression sexuelle", a démissionné la semaine dernière de la vice-présidence de l'Assemblée nationale.

A moins d'un an de la prochaine présidentielle, les écologistes se déchirent aussi sur l'opportunité de présenter un candidat au premier tour de cette élection, ce qui pourrait entraîner une dispersion des voix de gauche.

Dans un système où seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour se qualifient pour le second et avec une extrême droite forte, le risque est important pour la gauche de ne pas être représentée dans le duel final.

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