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19/05/2016 02:01 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Turquie: l'"empereur" Fatih Terim a faim de conquêtes

On le surnomme l'"Imperator". Légende vivante dans son pays, l'autoritaire sélectionneur Fatih Terim a déjà conduit bien des campagnes fructueuses avec la Turquie, mais n'est pas rassasié: "Personne n'a plus faim que moi".

Avec ses cheveux gris gominés, ses chemises couleur nuit et des bajoues à faire pâlir Don Corleone, Terim, 62 ans, craint dans les vestiaires pour ses colères dantesques, semble tout droit sorti d'un film sur la pègre.

C'était déjà lui l'artisan de l'épopée turque à l'Euro-2008: la "Milli Takim" ("sélection nationale") avait été éliminée en toute fin de match en demi-finale par l'Allemagne (3-2).

Mais la Turquie n'a depuis joué aucune compétition majeure. Terim a été rappelé en 2013 à la tête de la sélection nationale pour un troisième mandat. "J'espère que nous reproduirons, voire bâtirons sur notre succès de 2008", martèle-t-il à l'approche de l'Euro en France.

Et d'ajouter, sans ciller: "J'espère que nous jouerons une belle finale en juillet".

Le "Commendatore", son autre surnom, pourra compter sur le milieu barcelonais Arda Turan et l'artilleur de Leverkusen Hakan Calhanoglu pour tenter de survivre au groupe D qui comprend l'Espagne, la République Tchèque et la Croatie.

Et sur la "grinta" qu'il a érigé en philosophie de jeu, exhortant ses hommes à lutter jusqu'au bout. En témoigne la qualification directe pour la phase finale de l'Euro-2016 grâce à un coup franc inscrit à la 89e minute contre l'Islande, qui a permis à la Turquie de finir meilleur 3e des poules.

- 'Maître Fatih' -

Ce coup d'éclat a suscité d'immenses attentes en Turquie. Le pays, confronté à une vague d'attentats liés au conflit kurde ou attribués au jihadistes du groupe Etat islamique (EI), le tout dans un climat politique polarisé, voit en sa sélection nationale un point de ralliement.

"Je suis quelqu'un qui se demande en permanence comment il peut être utile à son pays", a d'ailleurs déclaré sur la chaîne TRT Spor l'entraîneur, réputé proche du président Recep Tayyip Erdogan, lequel ne tarit pas d'éloges sur "Maître Fatih".

Entraîneur depuis trois décennies, le technicien présente l'un des palmarès les plus fournis de l'histoire du pays. Ex-défenseur en sélection nationale entre 1975 et 1985, il en a pris les commandes une première fois en 1993, conduisant la Milli Takim en phase finale de l'Euro en 1996 en Angleterre, une première.

Mais c'est avec le club de Galatasaray qu'il se hisse au sommet du panthéon des entraîneurs turcs. Avec les "Lions" d'Istanbul, il a remporté six fois le championnat et, surtout, décroché, au détriment d'Arsenal, la Coupe de l'UEFA en 2000.

Homme de terrain, gardant toujours un oeil sur ses schémas tactiques comme un général sur sa carte d'état-major, le coach a aussi connu plusieurs échecs. Sa campagne italienne, avec la Fiorentina (2000-2001) et l'AC Milan (2001), se révèle aussi brève que décevante.

Et après l'exploit de l'Euro-2008, il démissionne l'année suivante, n'ayant pu qualifier la sélection nationale pour la Coupe du monde 2010.

Adepte du franc-parler et du dépassement de soi, Terim a d'ores et déjà averti ses joueurs : "Un pays qui veut connaître le succès ne peut accepter des paroles comme +Nous jouons un match tous les trois jours, nous sommes fatigués+".

Terim partage le rêve de tant de sultans ottomans avant lui: tenir l'Europe entre ses mains.

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GALATASARAY SPORTIF