NOUVELLES
19/05/2016 06:22 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Espagne: Podemos se démarque du régime de Maduro au Venezuela

Le dirigeant du parti de gauche espagnol Podemos, attaqué par la droite à Madrid comme une formation populiste liée au Venezuela, s'est démarqué jeudi du régime de Nicolas Maduro en condamnant l'existence de prisonniers politiques dans ce pays et en évoquant "une situation terrible".

"Très clairement, sans aucune ambiguïté, nous n'acceptons pas qu'il y ait des prisonniers politiques nulle part, ni au Venezuela ni dans aucun autre endroit", a dit à la télévision le dirigeant de Podemos, Pablo Iglesias, candidat à la présidence du gouvernement aux nouvelles élections législatives prévues le 26 juin.

"La situation dans ce pays (le Venezuela), d'après ce que nous savons, est terrible, avec un affrontement entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif", a ajouté M. Iglesias sur la Sexta.

Assurant que Podemos est "préoccupé par une situation proche de l'affrontement civil" au Venezuela, il a valorisé la mission de médiation "judicieuse" menée selon lui par l'ex-président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.

M. Iglesias s'est en revanche montré prudent à l'heure de commenter des propos de l'ancien président uruguayen José Mujica. Ce dernier avait déclaré "ils sont tous fous au Venezuela" avant d'ajouter que malgré son "grand respect" pour M. Maduro, ce dernier était "timbré".

M. Mujica "s'exprime avec beaucoup de bon sens en disant qu'il y a trop de folie dans la vie politique vénézuélienne", a dit M. Iglesias.

Il a par ailleurs reproché à ses adversaires d'utiliser "la situation d'un autre pays comme arme de campagne".

Depuis que Podemos s'est allié début mai avec le parti d'extrême gauche Izquierda Unida pour les législatives, les conservateurs espagnols font campagne contre ce qu'ils appellent "une espèce d'association entre le Cuba communiste et le Venezuela populiste".

Et la droite ne cesse d'attaquer Podemos sur ses liens présumés avec le gouvernement du défunt Hugo Chavez au Venezuela, décédé en 2013.

Deux quotidiens conservateurs espagnols avaient affirmé en avril qu'un think tank dirigé par les fondateurs de Podemos avait reçu sept millions d'euros du gouvernement vénézuélien entre 2003 et 2011 pour promouvoir son idéologie en Espagne. Selon eux, la police enquête sur l'éventualité d'un financement illégal de Podemos par le biais de cette fondation.

Le porte-parole du groupe parlementaire de Podemos, Iñigo Errejon, avait réagi en avril en disant que "les tribunaux avaient toujours et unanimement dit la même chose : que c'est faux".

lbx/laf/acc/ros