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19/05/2016 09:31 EDT | Actualisé 20/05/2016 07:47 EDT

Des débris de l'avion d'EgyptAir trouvés en mer, le mystère reste entier

Les premiers débris retrouvés de l'avion d'EgyptAir Paris-Le Caire sont un "membre humain, deux sièges et une ou plusieurs valises", a annoncé vendredi le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos.

Dans une brève conférence de presse, le ministre a précisé que ces informations lui avaient été fournies par les autorités égyptiennes, qui coordonnent les recherches autour du point de chute présumé de l'avion, disparu jeudi avec 66 personnes à bord entre l'île de Crète et les côtes égyptiennes.

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Des premiers débris de l'avion d'EgyptAir Paris-Le Caire ont été découverts vendredi en Méditerranée au large des côtes égyptiennes au lendemain de sa disparition en plein vol pour une raison qui reste totalement mystérieuse.

L'hypothèse d'un attentat est sérieusement envisagée par l'Egypte et les experts en raison de l'absence totale de message de détresse émis par l'équipage avant la chute brutale de l'appareil.

L'Airbus A320 transportait 66 personnes. Parmi les 56 passagers, figuraient 30 Egyptiens et 15 Français, un petit garçon et deux bébés.

"Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n'est privilégiée, car nous n'avons absolument aucune indication sur les causes", a déclaré vendredi matin le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault sur la chaîne de télévision France 2.

La disparition de l'avion n'a été revendiquée par aucun groupe actif au Moyen-Orient, comme par exemple la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique (EI) qui avait rapidement revendiqué l'explosion d'une bombe en plein vol dans un avion de touristes russes au dessus du Sinaï le 31 octobre. Les 224 occupants avaient été tués.

Tout en ne souhaitant "pas tirer de conclusions hâtives", le ministre égyptien de l'Aviation civile Ahmed Fathy avait estimé jeudi que "la probabilité" d'une "attaque terroriste" était "plus élevée que celle d'une défaillance technique".

Experts au Caire

M. Ayrault a précisé que la France contribuait à ces recherches "avec l'Egypte, la Grèce et d'autres pays" avec des avions et des navires.

Paris a également dépêché trois enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'Analyses (BEA) accompagnés d'un conseiller technique d'Airbus, qui sont arrivés dans la nuit au Caire. Il attendent la découverte de premiers débris et éventuellement des boîtes noires pour participer à l'enquête "de sécurité" sur les causes du crash.

Pour les experts comme pour le gouvernement égyptien, une explosion à bord semble un scénario très plausible, comme ce fut le cas pour l'avion de touristes russes, qui s'était littéralement désintégré en vol à la même altitude quasiment que celle de l'Airbus Paris-Le Caire quand il a commencé sa chute jeudi. Dans l'avion russe, le pilote n'avait pas eu le temps d'émettre un message d'alerte ou de détresse.

Coup dur pour l'Egypte

Le vol MS804 a décollé de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle près de Paris mercredi peu après 23h00 (21H00 GMT) et devait atterrir au Caire jeudi à 03H05 (01H05 GMT).

L'appareil se trouvait à une altitude de 37.000 pieds (plus de 11.200 m) lorsqu'il a soudainement "effectué un virage de 90 degrés à gauche puis de 360 degrés à droite en chutant de 37.000 à 15.000 pieds" avant de disparaître des radars, selon le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos.

Il a disparu des radars grecs à 00H29 GMT alors qu'il venait d'entrer dans l'espace aérien égyptien.

Une vingtaine de minutes plus tôt, le pilote n'avait pourtant signalé "aucun problème" aux contrôleurs aériens grecs lors de sa dernière conversation.

Cet Airbus A320 avait été livré à EgyptAir en novembre 2003 et avait accumulé 48.000 heures de vol, ce qui est relativement peu, a indiqué le constructeur aéronautique européen.

Ce drame représente un nouveau coup dur pour l'Egypte, confrontée à de multiples défis sécuritaires et économiques.

L'attentat de l'avion de touristes russes le 31 octobre avait contribué à faire encore chuter la fréquentation touristique, un secteur clé de l'économie du pays, où l'EI continue par ailleurs de multiplier les attaques visant principalement les forces de sécurité.