NOUVELLES
19/05/2016 03:17 EDT | Actualisé 20/05/2017 01:12 EDT

Décès du cinéaste et écrivain français Alexandre Astruc à 92 ans

Le cinéaste et écrivain français Alexandre Astruc, l'un des pères spirituels de la Nouvelle vague, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris à l'âge de 92 ans, ont annoncé ses proches à l'AFP.

Figure du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre et théoricien de la "caméra-stylo", considérant le cinéma comme l'équivalent de la littérature, il hésitait à se définir comme "un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films".

Né le 13 juillet 1923 à Paris, le jeune Astruc, passionné de mathématiques, est saisi par le démon de la littérature et multiplie les articles dans les revues de la zone libre pendant les années noires de l'occupation.

Après la Libération, il rencontre les écrivains Jean-Paul Sartre et Albert Camus, la chanteuse Juliette Gréco, fréquente les cinémas de la Rive gauche et s'enthousiasme pour Robert Bresson, Roberto Rossellini, Alfred Hitchcock et Orson Welles, futurs cinéastes cultes de la Nouvelle Vague.

Astruc alterne films, romans et essais : "Confluences", "Poésie 44" ou "Les vacances", publié en 1945, sont le prélude à "Le rideau cramoisi", une adaptation cinématographique de Barbey d'Aurevilly.

En 1954, il réalise "Les mauvaises rencontres", salué par François Truffaut, puis signe deux adaptations soignées, "Une vie" de Maupassant (1961) et "L'éducation sentimentale" de Flaubert (1961), ainsi que "La proie pour l'ombre", un "drame mondain" à la limite de l'exercice de style, interprété par Annie Girardot et Daniel Gélin.

Il fut le précurseur de la "politique des auteurs" menée par François Truffaut, Jean-Luc Godard ou Claude Chabrol.

Dans les années 70, Alexandre Astruc tourne pour la télévision, notamment un documentaire sur Sartre, "Sartre par lui-même" (1976), et des téléfilms tirés d'Edgar Allan Poe ou Balzac.

Revenu à l'écriture, il avait récemment publié "Le roman de Descartes" (1989), une anthologie des ses textes critiques et ses mémoires, "Le montreur d'ombres" (1996)

mpf/ial/nou/at