POLITIQUE
18/05/2016 10:41 EDT

Le gouvernement Couillard ébranlé par des allégations d'irrégularités au MTQ (VIDÉO)

QUÉBEC – Le gouvernement Couillard a été plongé dans l’embarras mercredi par les révélations de l’ex-ministre des Transports, Robert Poëti, sur des nombreuses irrégularités au ministère des Transports.

L’ex-ministre, démis de ses fonctions lors d’un remaniement en janvier dernier, affirme avoir manqué de temps pour apporter les correctifs souhaités. L’opposition voit dans sa démotion une tentative du premier ministre de museler le titulaire des Transports.

Dans un long reportage publié mardi soir, le magazine L’Actualité rapporte plusieurs allégations d’irrégularités au MTQ. On y apprend notamment que des contrats seraient scindés en deux pour éviter les appels d’offres, que l’évaluation des projets se ferait à partir de plusieurs bases de données de façon à dissimuler leur valeur réelle, et que des contrats auraient été accordés à d’anciens employés du MTQ.

De plus, l’UPAC aurait refusé d’enquêter sur ces allégations.

Bombardé de questions au Salon bleu mercredi, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré que la rétrogradation de Robert Poëti n'a rien à voir avec les constats embarrassants qu'il a fait dans la gestion du ministère des Transports qu'il dirigeait.

Philippe Couillard a affirmé qu'il n'avait jamais entendu des allégations de malversations évoquées par Robert Poëti avant la publication du reportage du magazine L'Actualité.

Pour sa part, l’actuel ministre des Transports, Jacques Daoust, assure avoir pris bonne note des inquiétudes de son prédécesseur. «Ce que j’ai fait, c’est que j’ai continué tout simplement le travail qu’il avait fait», a-t-il assuré mercredi.

Les informations ont d’ailleurs été transférées à l’UPAC. «Si l’UPAC veut prendre des décisions à partir de ça, veut pousser une enquête plus loin, on a aucun problème avec ça», dit le ministre.

Jacques Daoust

«Pis l’UPAC, vous le savez, ils ne sont pas gênés pour enquêter», a-t-il ajouté.

Quant aux éléments administratifs soulevés par l’article, «il y a des choses qui ont été soulevées là-dedans qui peuvent être préoccupantes, on va les regarder», affirme Jacques Daoust.

Lors d'un point de presse plus tôt, Robert Poëti n'a pas remis en question les raisons qui lui ont été exprimées par Philippe Couillard au moment où il est redevenu simple député, en début d'année.

«Ça va faire trois mois, j'ai compris, j'ai eu du premier ministre les raisons, les orientations sur les gens de région, et plus de femmes, je l'ai compris, il me l'a dit, a-t-il assuré. Je ne doute pas des paroles du premier ministre.»

Mais les partis d’oppositions, eux, ont réclamé des explications.

Le chef intérimaire du PQ, Sylvain Gaudreault, a affirmé que le gouvernement doit rendre publics des documents auxquels Robert Poëti a fait référence dans l’article. Dans cette entrevue, l’ex-ministre affirme qu'il aurait souhaité demeurer en poste afin d'aller au bout du ménage qu'il voulait entreprendre dans les pratiques de son ministère.

«Si ce qui est rapporté est vrai, c'est totalement inacceptable et ça vient démontrer que le ménage n'a pas été fait, ni dans les pratiques de vérification ni dans les pratiques comptables", a dit pour sa part le chef caquiste François Legault.

En Chambre, Philippe Couillard a déposé un rapport sur les pratiques de gestion du ministère commandé par Robert Poëti, ainsi qu'une lettre transmise à son successeur, Jacques Daoust, pour l'informer de ses inquiétudes.

Le hasard a voulu que la sous-ministre du MTQ, Dominique Savoie, témoigne en commission parlementaire jeudi.

Ainsi, la haute-fonctionnaire a affirmé n’avoir jamais scindé de contrats pour éviter que ceux-ci soient soumis au processus d’appel d’offres. De la même façon, la sous-ministre affirme ne pas avoir signé elle-même de contrats de gré à gré avec d’ex-employés du MTQ.

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