DIVERTISSEMENT
18/05/2016 09:35 EDT | Actualisé 18/05/2016 10:50 EDT

«Céline maintenant» : Céline Dion s'exprime avec aplomb

Digne, la parole facile, le récit qui coulait sans pudeur et avec la grande générosité qu’on lui connaît, Céline Dion a une fois de plus démontré son courage lors de son entrevue avec Marie-Claude Barrette, intitulée Céline maintenant, diffusée à TVA, mercredi.

Après une drôle de narration d’introduction de la voix de Gilbert Sicotte – ou quelqu’un qui lui ressemblait beaucoup, si ce n’était pas lui – évoquant «le soleil qui se lève sur Las Vegas» et les semaines les plus éprouvantes de la vie de Céline, Marie-Claude Barrette a entamé l’entretien avec une question très simple. «Céline, la question que tout le monde se pose présentement, comment vas-tu?», s’est-elle informée.

«Honnêtement, ça va bien. Vraiment très bien», a commencé Céline, avant d’expliquer avec beaucoup de vérité comment elle conçoit le quotidien maintenant que l’amour de sa vie est décédé, et de raconter de quelle manière elle a abordé le sujet de la disparition de René avec ses fils.

«C’est d’apprendre à vivre avec une grande perte, mais d’apprendre à vivre de cette façon-là, avec l’homme que tu as toujours aimé, qui n’est pas physiquement à côté de toi, mais qui t’habite.»

Céline a d’abord demandé à René-Charles s’il voulait voir son père décédé.

«René-Charles, son choix était de ne pas le voir, de garder le souvenir vivant de son père. Et moi j’ai respecté ça.»

Avec ses jumeaux de cinq ans, Nelson et Eddy, deux jours avant le départ de la famille pour Montréal pour les funérailles, elle a utilisé une comparaison avec le film d’animation Up (Là-haut) pour leur faire comprendre que leur papa était parti au ciel. Elle s’est installée dans une petite cabane dans leur salon, avec eux et sa sœur Linda. «J’ai dit : «Papa il est up!» Elle en a profité pour leur apprendre que son propre père, leur grand-papa Adhémar, est lui aussi «up» au ciel. Les garçonnets ont rigolé en entendant le prénom de leur ancêtre.

«Il est up et il n’a plus de bobo. Papa n’est peut-être pas dans la maison, mais il est dans ton cœur et il va toujours être avec toi», a-t-elle illustré aux deux bambins.

«La chose de laquelle je suis le plus fière, en tant que mère, parce que c’est mon rôle le plus important, c’est d’avoir amené mes enfants à ne pas avoir de craintes, de peurs, de questions, de chercher leur père, de pleurer… C’a été clair.»

Elle a aussi demandé à René-Charles s’il voulait lire un mot aux funérailles, en lui disant que ce serait sa dernière occasion de parler à son père, mais sans lui mettre de pression. «Ton père et moi, on t’a toujours respecté, ça ne changera pas. Est-ce que tu veux parler à l’église? C’est un gros contrat. Je ne veux pas te forcer à le faire. Regarde-moi dans les yeux. Si ta réponse est non, «maman je ne suis pas capable», ton père et moi on accepte ça et on te supporte», a-t-elle dit à son aîné.

Un «nœud»

Lors de la cérémonie à la Basilique Notre-Dame, Céline dit avoir été «très fière» de René-Charles et de ses jumeaux. «C’était une continuation du mariage», a noté Céline à propos du sens qu’elle donnait à cet ultime rassemblement, qu’elle voit comme un nœud, elle qui accorde énormément d’importance à l’expression «à la vie, à la mort», qui vient avec les vœux de mariage. «On a vécu ensemble toutes nos passions, à travers les enfants, le show-business, la chanson, les voyages».

Les funérailles comportaient plusieurs éléments symboliques, dont la présence de son neveu Jimmy – en fauteuil roulant en raison d’un accident de ski - et de sa nièce Audrey, qui étaient petit page et bouquetière lors du mariage de Céline et René, en 1994, à la Basilique Notre-Dame. Ce sont aussi eux qui ont ouvert la marche lorsque Céline et les siens sont entrés dans l’église, au son de la chanson Trois heures vingt, plus de 20 ans plus tard. Elle traînait aussi les alliances échangées il y a deux décennies. Tous les souhaits de René Angélil pour ses funérailles ont été respectés et, dans son cercueil, l’homme portait son habit de noces.

Céline a également expliqué la symbolique de la pièce Trois heures vingt pour le couple et, surtout, à quel point elle tenait à ne pas entrer en retard dans la Basilique, pour donner tout son sens au texte. «Je ne veux pas manquer cette rencontre. À notre mariage, je peux être en retard, mais la boucle de ce mariage-là, avec cette chanson, Trois heures vingt, je ne voulais pas être en retard d’une minute.»

Elle a précisé avoir été étonnée du choix de l’air d’entrée décidé par René Angélil, qui a de surcroît coïncidé avec l’heure de son décès, prédite par le coroner, la veille au soir. Et les paroles signifiaient beaucoup par rapport à leur histoire d’amour. C’est par ailleurs par respect pour ses admirateurs qui la supportent qu’elle est restée près de la dépouille de son défunt mari pour recevoir les condoléances le jour de la chapelle ardente, à la fin janvier.

Rituel du soir

Céline Dion a relaté avoir exigé que la chambre de René Angélil ne soit ni nettoyée ni visitée pendant son séjour à Montréal. Plus tard, elle a demandé qu’on enlève «le mal», «la douleur» de la pièce, le lit thérapeutique, la rampe d’appui, le banc dans la douche, les appareils médicaux. L’endroit a ensuite été re-peinturé et décoré de nombreuses photos, afin de constituer un repère de souvenirs pour René-Charles, Nelson, Eddy et elle-même. Elle est revenue sur le rituel désormais partagé avec ses jumeaux le soir, qui disent bonne nuit et «bon up» à leur père avant le dodo, bisous à l’appui, sous leur plafond où sont collées plein d’étoiles.

«Tous les jours, je regarde René-Charles, Eddy et Nelson, et je vois René. Il vit à travers eux, tellement! Donc, René est vivant, mais il n’est pas présent physiquement, de son être, de son physique qui le faisait souffrir. Mais quand je vois mes enfants, ils ont des aptitudes de René, c’est incroyable!»

La star a admis qu’elle se soucie de plus en plus de l’opinion de son grand René-Charles qui, à 15 ans, conseille sa maman de façon drastique, notamment lorsque son nouveau gérant, Aldo Giampaolo, et elle ont du mal à prendre des décisions.

Lorsque Marie-Claude Barrette lui a demandé si les larmes lui montent parfois aux yeux, elle a relevé avoir pleuré sur scène, bouleversée par l’émotion des gens dans la salle.

Encore un soir

Céline maintenant nous a permis de revoir la prestation de Céline sur son grand succès, All By Myself, au moment de son premier spectacle après la mort de René Angélil, le 23 février dernier, à Las Vegas. Une performance aussi impressionnante que touchante, à la fin de laquelle elle se retenait de fondre en larmes.

«C’a été dur, c’est sûr, a reconnu Céline. Mais il m’a fait revenir sur scène de son vivant, avec sa souffrance, et je me suis dit : maintenant qu’il ne souffre plus, ça va être dur. Mais il faut que je casse la glace, parce que j’ai encore cette passion d’être sur scène. (…) Ça m’aide vraiment à extérioriser, que ça soit ma peine ou mes joies. Je sais que René veut que je continue à faire ce métier, j’ai son blessing, j’ai son accord. Je sens encore un peu cette fragilité, mais René aimait tellement le show-business, il aimait tellement le monde, que je me suis dit : the show must go on

Céline Dion s’apprête à repartir en tournée, en Europe, et ici, au Québec, entre autres. Sur l’album en français qu’elle lancera en août, elle collabore avec un complice de longue date, Jean-Jacques Goldman, qui lui a, entre autres, écrit la chanson Encore un soir, qui sera le premier extrait radio de l’opus. On pourra l’entendre le 24 mai. C’est elle-même qui a passé cette commande à Jean-Jacques Goldman.

«Je vais te faire la demande d’écrire une chanson que tu n’as jamais écrite pour moi. C’est un sujet très délicat, de quelqu’un qui se bat pour sa vie. C’est le début d’une nouvelle vie. Il a accepté tout de suite, ça m’a énormément émue», a laissé savoir Céline Dion à propos de sa discussion avec Jean-Jacques Goldman.

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