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17/05/2016 10:19 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Venezuela : le président Maduro dénonce l'intrusion d'un avion militaire américain

Le président du Venezuela Nicolas Maduro a accusé mardi les Etats-Unis d'une intrusion dans l'espace aérien vénézuélien la semaine dernière, et annoncé une protestation diplomatique officielle.

"Notre force aérienne, notre aviation militaire bolivarienne, a détecté l'intrusion illégale à des fins d'espionnage, du Boeing 700 E-3 Sentry, doté de tous les mécanismes pour exercer une surveillance électronique", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Washington, qui nie tenter d'influer sur le cours des événements au Venezuela, a fait part de sa préoccupation sur la situation du pays lundi.

Le E-3 Awacs Sentry (sentinelle) est un avion radar d'alerte avancée et de surveillance aérienne, utilisé, notamment par les Etats-Unis, pour prévenir une éventuelle activité aérienne hostile et guider les forces aériennes engagées dans des opérations d'interception ou d'attaque.

Ces derniers jours, le président Maduro et ses proches ont multiplié les mesures répressives et les déclarations incendiaires face à une "menace extérieure" mal identifiée.

Lundi soir, le pays a fait un pas de plus vers l'autoritarisme après la proclamation de "l'état d'exception" par Nicolas Maduro. Un décret publié dans la soirée a étendu à 60 jours les prérogatives du gouvernement en matière de sécurité et de distribution alimentaire et électrique.

En face, l'opposition appelle désormais à la désobéissance.

Coupures d'électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et lynchages : le Venezuela, malgré ses immenses réserves pétrolières, sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d'une coalition d'opposition aux élections législatives, fin 2015.

Le bras de fer entre chavistes (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) et antichavistes s'est intensifié depuis que l'opposition a collecté début mai 1,8 million de signatures pour déclencher le processus en vue d'organiser un référendum destiné à révoquer le président, qu'elle espère organiser d'ici à fin 2016.

Le gouvernement y a opposé une fin de non recevoir.

axm/tup