POLITIQUE
17/05/2016 02:15 EDT | Actualisé 17/05/2016 04:15 EDT

Uber : La marge de manœuvre est «très étroite» sur le projet de loi 100, dit le ministre Daoust (VIDÉO)

QUÉBEC – Le ministre des Transports, Jacques Daoust, n’est pas impressionné par les excuses présentées par la compagnie Uber lundi.

«Je pense qu’ils étaient rendus au point où il y avait lieu de changer d’attitude», a commenté Jacques Daoust mardi avant d’entrer au caucus de sa formation politique.

L’entreprise, qui avait menacé de quitter le Québec si le gouvernement ne modifiait pas la loi pour encadrer ses services, s’est finalement montrée plus conciliante lundi. Uber affirme maintenant vouloir participer à la commission parlementaire sur le projet de loi 100 déposé la semaine dernière pour encadrer l’industrie du taxi.

Pour le ministre, le changement d’attitude d’Uber ressemble plutôt à une tentative de s’attacher la faveur du public en vue des prochaines étapes. «Il y a très certainement un peu de ça, c’est sûr», estime Jacques Daoust.

Le ministre se dit ouvert à des modifications au projet de loi 100. Toutefois, la marge de manœuvre pour modifier la pièce législative est «très étroite», dit-il.

En attendant, Uber demeure en situation d’illégalité et Jacques Daoust a réitéré mardi son souhait de voir l’entreprise suspendre ses activités jusqu’à ce qu’elle puisse se conformer à la loi québécoise.

«Nous, ce qu’on considère, c’est que c’est une situation qui est illégale, affirme-t-il. Les tribunaux ont dit la même chose d’ailleurs, la semaine dernière. Mais, s’il y a moyen de rendre la compagnie légale, on va le regarder. Mais je répète ce que j’ai dit samedi dernier, on ne retourne pas à la planche à dessin.»

Le gouvernement Couillard rappelle qu’il devrait racheter les permis de taxi actuellement en circulation avant de déréglementer l'industrie du taxi. «Le nœud du problème, on l’a dit, c’est le fait que ça coûte 1 milliard$ pour sortir de cette situation-là», souligne Jacques Daoust.

«Si on a 1 milliard$ à mettre quelque part, on va penser à le mettre à l’éducation bien avant des permis de taxi», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, estime que le cadre législatif doit être adapté aux entreprises qui apportent des solutions innovatrices.

Il croit donc que le gouvernement libéral devrait tendre la main à Uber pour discuter. Mais l'entreprise doit payer taxes et impôts, insiste-t-il.

«Plus on ajoute de l'offre, mieux c'est pour le consommateur, pensons au consommateur, pensons au citoyen», a dit le chef caquiste en point de presse mardi matin.

Il ne croit pas qu'Uber devrait être forcée d'interrompre ses activités en attendant l'adoption du projet de loi. Le chef caquiste prône plutôt la conclusion d'une entente rapide entre Uber et le gouvernement.

«On ne peut pas dire à tous ces gens-là : "Allez-vous-en chez vous, on n'accepte plus Uber"», conclut Framçois Legault.

Avec La Presse Canadienne

NOTE: La rédactrice en chef du Huffington Post, Arianna Huffington, est membre du c.a. de Uber et s’est retirée de toute décision éditoriale impliquant la couverture de cette entreprise, de l’industrie du taxi ou de l’autopartage.

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