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17/05/2016 04:40 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Présidentielle au Tchad : enquête ouverte sur la disparition de militaires

Une enquête a été ouverte au Tchad sur la disparition d'au moins 20 militaires au lendemain de la présidentielle du 10 avril, a annoncé lundi soir le procureur de la République.

"Les enquêteurs ont auditionné les responsables des médias nationaux, tant de la presse écrite que parlée, les responsables de quelques organisations des droits de l'Homme, les responsables de certaines institutions hospitalières, et trois familles sans nouvelles de leurs parents ont été entendues", a indiqué le procureur Alghassim Khamis.

Amnesty International et la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) avait demandé le 28 avril aux autorités l'ouverture d'une enquête indépendante au sujet de la disparitions de militaires qui auraient refusé de voter pour le président sortant Idriss Deby Itno.

Ces deux organisations affirmaient dans un communiqué être "en mesure de confirmer plus de vingt cas de disparitions présumées".

Certains médias nationaux affirment que de 40 à 60 membres des forces de défense et de sécurité seraient portés disparus depuis le 9 avril. Les militaires, ainsi que les nomades, ont voté un jour avant les autres électeurs pour ce scrutin qui a vu la réélection sans surprise pour un 5e mandat d'Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans.

"Une liste de 13 personnes appartenant aux forces de défense et de sécurité présentée comme n'ayant pas regagnées leur domicile depuis le vote des militaires a été communiquée à la direction de la police judiciaire par une ONG nationale de défense des droits de l'Homme", a précisé le procureur de la République.

Selon lui, "il est prévu l'audition des chefs hiérarchiques et autres responsables de l'état-major des armées", ainsi que l'audition des candidats battus à la présidentielle et qui avaient les premiers alerté la presse le 18 avril au sujet des disparitions.

Le site internet de la société civile Tchadconvergence affirme notamment que quatre cadavres de militaires "bien identifiés" ont été découverts, à la suite des disparitions de militaires.

La présidentielle tchadienne s'est déroulée dans un climat tendu en raison de la répression de marches pacifiques que voulait organiser la société civile. L'opposition a ensuite accusé le pouvoir d'avoir commis un "hold-up électoral" et d'instaurer depuis "un climat de peur pour étouffer toute contestation".

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