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17/05/2016 08:26 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Nigeria: un tribunal interdit temporairement aux syndicats de faire grève

Un tribunal nigérian a interdit temporairement mardi les syndicats de lancer une grève nationale illimitée afin de lutter contre une hausse de 67% du prix du carburant à la pompe, jusqu'à un jugement définitif attendu le 24 mai.

La Cour industrielle nationale a pris cette décision qui va à l'encontre de l'appel lancé par le Nigeria Labour Congress (NLC) et le Trade Union Congress (TUC), deux syndicats de travailleurs, à la suite d'une plainte déposée par le ministre de la Justice, Abubakar Malami.

NLC et TUC ont appelé à une grève nationale illimitée à compter de mercredi, jusqu'à ce que le prix de l'essence à la pompe, 145 nairas (0,64 euro) le litre, soit abaissé à 86,50 nairas (0,38 euro).

"Cette cour a ordonné que le statut quo soit maintenu à partir du 17 mai 2016", a déclaré le juge Babatunde Adejumo.

"Les prévenus sont, par conséquent, empêchés de mettre leur menace (de grève) à exécution", a-t-il poursuivi.

L'affaire a été ajournée au 24 mai, date à laquelle le jugement doit être rendu, a précisé M. Adejumo.

Selon les documents judiciaires consultés par l'AFP, M. Malami a fait valoir que si la grève était maintenue, "le gouvernement fédéral, les Etats et les administrations locales perdraient des milliards de nairas de ressources, causant des souffrances innombrables et des problèmes de sécurité inimaginables à travers le pays".

De plus, les syndicats n'ont pas respecté la procédure, n'ayant pas donné de préavis de grève au gouvernement, a-t-il ajouté.

Le ministère nigérian du Travail et les syndicats concernés ont entamé lundi des pourparlers à huis-clos, mais ils n'avaient pas réussi à se mettre d'accord à la fin de la session, mardi au petit matin.

Les discussions devaient reprendre mardi dans la journée.

Le Nigeria, première puissance économique du continent, traverse une grave crise économique et financière causée par la chute mondiale des cours de pétrole, principale source de revenus de l'Etat et de réserves en devises.

Le sous-secrétaire d'Etat au Pétrole, Emmanuel Kachikwu, a déclaré lundi que la production de brut avait encore baissé à 1,4 million de barils par jour, notamment en raison des récentes attaques contre des installations pétrolières dans le delta du Niger.

Or, le budget 2016 est basé sur une production de 2,2 millions de barils par jour.

Bien que premier producteur de pétrole du continent africain, le Nigeria est contraint d'importer des produits pétroliers, ses quatre raffineries ne suffisant pas à sa consommation. Le pays maintenait jusqu'ici un prix bas à la pompe en subventionnant les importateurs de carburant.

M. Kachikwu a estimé que la hausse du prix de l'essence est "absolument essentielle" pour relancer la croissance, améliorer la confiance des investisseurs et même pour la "survie" du Nigeria.

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