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17/05/2016 11:27 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Mayotte: 500 étrangers chassés de leur domicile

Près de 500 étrangers chassés de leur domicile par des habitants de l'île française de Mayotte ce week-end ont passé dehors les nuits de dimanche et lundi, ont indiqué mardi des associations tentant de les reloger.

Depuis dimanche, la place de la République de Mamoudzou (chef-lieu de cette île de l'océan Indien) est occupée par des centaines de familles, la plupart d'origine comorienne en situation régulière, qui ont été délogées de force par des collectifs d'habitants des communes du sud et du nord de Mayotte.

Ces collectifs appellent à chasser les "étrangers" de leurs villages (selon le tract du collectif du village de Kani-Kéli), accusant "l'immigration clandestine" de "vols, agressions et meurtres au quotidien" (selon le collectif des citoyens de la commune de Bouéni).

Dans un communiqué commun mardi soir, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin ont condamné "les violences commises ces derniers jours à Mayotte à l'encontre de familles, ayant par ailleurs conduit à la destruction de leurs habitations".

"De tels comportements n'ont pas leur place dans la République. Tous les individus impliqués, dont l'enquête devra établir l'identité, devront rendre compte de leurs actes devant la justice", ont-ils souligné.

De nombreuses associations mahoraises se sont mobilisées depuis dimanche pour recenser les personnes expulsées: 527 personnes sont dans l'attente d'un relogement d'urgence, selon le dernier recensement effectué mardi à 13H00 (heure locale) sur la place de la République.

La Croix-Rouge a fait don d'une citerne d'eau potable et de nombreux habitants de Mayotte ont apporté nourriture, médicaments et produits de première nécessité pour enfants. En outre, un médecin bénévole est venu porter secours aux personnes expulsées.

Mardi, dans un communiqué, la préfecture a fermement condamné "les événements qui se sont déroulés sur plusieurs communes de l'île ce week-end et ont conduit à l'expulsion de familles et à la destruction de bangas" (habitations de fortune, en tôle ou en terre). Elle a également informé de la tenue d'une réunion mardi soir en présence de l'association des maires afin "d'examiner la situation de ces familles".

Par ailleurs, des véhicules appartenant à des leaders des collectifs d'habitants ayant expulsé des familles de la commune de Bouéni (sud de l'île) ont été brûlés au cours de la nuit de lundi à mardi. D'autres expulsions sont prévues dimanche à M'tsamboro (nord de Mayotte) et le 5 juin à Kani-Kéli (sud de l'île).

Les ministres de l'Intérieur et des Outre-mer ont précisé que "221 gendarmes et 499 policiers, renforcés par 102 gendarmes mobiles, soit 822 policiers et gendarmes au total" étaient "mobilisés pour rétablir l'ordre républicain, mettre fin à ces exactions inadmissibles et protéger l'ensemble de la population de Mayotte".

Au total, les effectifs des forces de l'ordre vont être renforcés de 76 policiers et gendarmes en 2016, ont-il ajouté.

18.763 personnes en situation irrégulière à Mayotte ont été reconduites à la frontière en 2015 et 6.587 depuis le 1er janvier 2016.

ol-caz/lpt