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17/05/2016 08:35 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

L'UE va accorder à l'Italie la flexibilité budgétaire demandée (Rome)

Le gouvernement italien a annoncé mardi que la Commission européenne allait accorder la flexibilité demandée en terme de déficit budgétaire en 2016, à condition que le déficit ne dépasse pas 1,8% du PIB en 2017.

Rome avait demandé 0,85% de PIB de flexibilité pour 2016, soit environ 14 milliards d'euros de déficit en plus: 0,5% au titre des réformes économiques, 0,25% pour les investissements liés aux infrastructures, 0,04% pour la gestion des réfugiés et 0,06% pour la sécurité liée à la menace terroriste.

Dans une lettre adressée au ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, et publiée sur le site du ministère, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici, soulignent qu'"aucun autre membre n'a jamais demandé ni reçu un tel niveau de flexibilité".

Ils disent que la Commission recommandera au collège des commissaires d'accepter un niveau de 0,85% de flexibilité, mais à condition que l'Italie ne dépasse pas 1,8% du PIB. Ce chiffre correspond aux prévisions actuelles du gouvernement mais Bruxelles estime qu'il a un décalage possible à hauteur de 0,15% à 0,2% du PIB avec les mesures prévues.

Ils exigent donc que "l'Italie se tienne prête à prendre des actions pour s'assurer que le décalage prévu ne se matérialise pas et que le budget 2017 soit au moins, dans les grandes lignes, conforme aux provisions du pacte de stabilité et de croissance".

Dans sa réponse, également publiée sur le site du ministère, M. Padoan s'engage "à respecter pleinement les règles budgétaires de l'UE en 2017", en se disant "confiant qu'un écart significatif sera évité".

Le chef du gouvernement Matteo Renzi s'est félicité de ce feu vert. "L'Europe nous reconnaît un élément de flexibilité. Moins que ce que j'aurais voulu, mais c'est un fait important, un succès du pays tout entier", a-t-il dit, alors que ce sujet a donné lieu à plusieurs joutes verbales ces derniers mois.

Le déficit devrait, selon le gouvernement, atteindre 2,3% du PIB. En décembre, il avait envisagé un déficit à hauteur de 2,4% du PIB.

"Aujourd'hui, nous avons obtenu un accord significatif, important, ce n'est pas la solution à tous les maux, mais c'est un principe: sur le thème de la flexibilité, l'Europe existe", a dit M. Renzi, en soulignant que cette flexibilité permettrait de "donner le feu vert à certains investissements qui sinon seraient restés bloqués".

L'annonce officielle doit être faite mercredi par la Commission. Interrogé plus tôt mardi au sujet de la lettre envoyée à Rome et ceci ayant fuité dans certains médias italiens, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, avait indiqué que la Commission "ne commentait pas des documents qui fuitent ou des documents qui circulent, et qui sont à moitié confirmés".

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