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17/05/2016 10:58 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

L'aide humanitaire au Yémen "scandaleusement" sous-financée (responsable ONU)

Un haut responsable de l'ONU a déploré mardi un manque criant de fonds pour l'aide humanitaire au Yémen en guerre malgré la détérioration de la situation des civils sur place.

L'appel de fonds de 1,8 milliard de dollars lancé par l'ONU pour couvrir les besoins de 13 millions de Yéménites en 2016 n'est pour l'instant financé qu'à hauteur de 16 pour cent, un niveau "scandaleusement bas", a souligné le directeur des opérations humanitaires de l'ONU John Ging.

M. Ging, de retour d'une mission de trois jours sur place avec des représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Programme alimentaire mondial, a jugé que la situation humanitaire au Yémen s'était "gravement détériorée".

Il a rappelé lors d'une conférence de presse que plus de 13 millions de Yéménites ont besoin d'une assistance humanitaire, que 7,6 millions souffrent "d'insécurité alimentaire grave" et que 2,5 millions ont été déplacés par le conflit depuis janvier 2014.

"Cette crise s'aggrave mais elle ne reçoit pas l'attention qu'elle mérite", a-t-il affirmé en lançant un appel pressant à la générosité des donateurs.

L'an dernier, a-t-il noté, l'Arabie saoudite avait versé "sans conditions" 245 millions de dollars à l'ONU, bien que Ryad soit impliqué dans le conflit à la tête d'une coalition internationale qui soutient le gouvernement yéménite contre les rebelles chiites Houthis.

Mais cette année, aucun des pays du Golfe n'a contribué et la liste des donateurs "est trop étroite".

M. Ging a cependant salué la récente mise en place par l'ONU d'un mécanisme d'inspection des navires commerciaux qui arrivent dans les ports yéménites, soumis à un blocus par la coalition. "Il est opérationnel depuis peu (...) et pour l'instant fonctionne bien" pour faciliter le ravitaillement, a-t-il souligné.

Le Yémen est très dépendant des importations par mer pour sa nourriture et son carburant notamment.

Le conflit, qui a déjà fait 6.400 morts selon l'ONU, a été déclenché après une offensive en juillet 2014 des rebelles Houthis qui leur a permis de s'emparer de vastes régions dont la capitale Sanaa. Une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 pour venir en aide au pouvoir.

avz/elc