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17/05/2016 11:14 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

France: Malgré la fronde, Hollande, combatif, veut mener sa réforme du travail au bout

Malgré une impopularité record, des manifestations parfois violentes et une fronde dans son propre camp, le président français François Hollande a assuré mardi qu'il ne renoncerait pas à sa réforme contestée du droit du travail, affichant sa combativité à onze mois de la fin de son mandat.

Pour la sixième fois en un peu plus de deux mois, des dizaines de milliers de personnes (68.000 selon la police, 220.000 selon un syndicat) ont manifesté mardi dans toute la France.

Scène devenue familière, des échauffourées ont opposé policiers et manifestants, les gaz lacrymogènes répondant aux jets de projectiles.

"Je ne cèderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé", a averti François Hollande dans une intervention aux accents de pré-campagne électorale. Cette loi, "va passer parce qu'elle a été discutée (...) amendée", a-t-il justifié, assurant avoir le soutien des syndicats réformateurs et d'une majorité de socialistes.

Faute de majorité, son gouvernement a pourtant dû recourir la semaine dernière à un dispositif exceptionnel prévu par la Constitution, pour faire adopter le texte sans vote des députés.

Ce passage en force n'a pas mis fin à la contestation. Mardi, des chauffeurs de poids lourds ont ouvert une nouvelle semaine de mobilisation par des blocages routiers, et des grèves sont prévues dans les transports toute la semaine : 15% des vols seront supprimés jeudi à l'aéroport parisien d'Orly.

A Toulouse (sud-ouest), des militants s'en sont pris à la permanence d'un député socialiste, et à Nantes (ouest), les forces de l'ordre ont dû user de lances à eau.

"Quand on n'est pas entendu, il faut essayer de se faire entendre", a résumé Philippe Martinez, le numéro un du syndicat contestataire CGT.

L'objectif affiché de la réforme est d'assouplir les règles du droit du travail pour lutter contre un chômage qui affecte 10% de la population. Mais pour ses détracteurs, majoritairement de gauche, le texte est trop favorable aux entreprises et va accroître la précarité pour les salariés.

Si les cortèges ont perdu de l'ampleur au fil des semaines, ils se sont durcis avec des violences, en particulier contre la police.

Les casseurs "ça suffit!", a lancé mardi le président Hollande, en évoquant "plus d'un millier d'interpellations, 60 condamnations" et "350 policiers blessés" depuis le début du mouvement.

Les syndicats policiers ont appelé à descendre dans la rue mercredi pour dénoncer ce qu'ils perçoivent comme une "haine anti-flic".

- Lapsus sur une éventuelle candidature -

Dans ce contexte agité, le président français, qui ne recueille que 15% d'opinions favorables dans les sondages, ne semble pas prêt à renoncer à une autre bataille: celle de sa réélection.

S'il n'a pas encore officiellement dévoilé ses intentions pour 2017, il s'attache depuis des semaines à défendre son bilan, enchaîne les annonces favorables à l'électorat traditionnel des socialistes (revalorisation des salaires des fonctionnaires, primes pour les instituteurs...) et veut s'imposer comme le candidat naturel de la gauche.

La France "va mieux", a-t-il répété mardi en s'appuyant sur une légère embellie économique.

Il a accusé l'opposition de droite de vouloir supprimer 350.000 postes de fonctionnaires, de proposer une taxation "injuste" de la consommation ou de vouloir favoriser les revenus du capital.

"Il n'y a pas d'alternative de gauche", a-t-il assuré, alors que son ministre de l'Economie Emmanuel Macron, considéré comme libéral, a fondé un mouvement "ni à droite ni à gauche", et que son ancien ministre Arnaud Montebourg veut de son côté bâtir "un grand projet alternatif" plus à gauche.

"Si je ne suis pas... si la gauche n'est pas reconduite, ce sera la droite qui l'emportera ou l'extrême droite", a-t-il enchaîné, commettant un lapsus sur son éventuelle candidature.

Reste l'épineuse question du recul du chômage, dont François Hollande avait fait la condition d'une nouvelle candidature. "La bataille n'est pas gagnée", a-t-il reconnu, mais "je me bats tous les jours".

"C'est un discours électoral", a estimé l'ancien Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin. "François Hollande est en campagne", a renchéri le sénateur d'opposition Bruno Retailleau.

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