NOUVELLES
17/05/2016 05:53 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Russie: Leonid Sloutski, l'atypique

"J'ai eu du mal à entraîner des joueurs pros, puis je me suis habitué": aujourd'hui, Leonid Sloutski cornaque en même temps le CSKA Moscou et la sélection de Russie, lui qui est devenu coach par accident, après avoir brisé son genou et ses rêves en pro à cause du chat de la voisine dans un arbre.

Jusqu'où la Russie peut-elle aller à l'Euro-2016, alors qu'elle organisera le Mondial-2018? Les doutes émis sur ses qualités de coach escortent la carrière de ce technicien.

"Lorsque j'étais le coach chez les jeunes, c'était la même chose: scepticisme, rejet. Peut-être que mon apparence, mes manières, la façon dont je communique ne sont pas celles décrites dans les manuels d'entraîneurs", remarque-t-il dans un entretien au site Russia Beyond the Headlines.

Parfois surnommé le "Mourinho russe", la comparaison ne se base pas sur le physique, avantageux dans le cas du Portugais aux faux-airs de George Clooney. A 45 ans, Sloutski, au corps massif, adopte le plus souvent une attitude renfrognée, à la limite de la prostration sur son banc.

"Peu importe le travail que j'accumule, je dois toujours prouver quelque chose à quelqu'un", souligne-t-il. "Au départ j'ai eu du mal à entraîner des joueurs professionnels, puis je me suis habitué. Peut-être que pour un ancien joueur c'est plus simple", analyse-t-il.

Le natif de Volgograd dans le sud de la Russie voulait devenir gardien de but pro. Mais à 19 ans il doit abandonner ses rêves de carrière à cause du chat de sa voisine, coincé en haut d'un arbre. Leonid, en tentant de sauver le félin, tombe et se brise un genou.

- Un an à l'hôpital -

"J'ai passé un an à l'hôpital. Ils m'ont dit que je ne pourrais plus jamais le plier", a-t-il raconté dans un entretien au journal Sovetski Sport.

Le jeune Sloutski obtient alors un diplôme d'entraîneur et prend en charge une équipe de juniors avec un style devenu emblématique, qui l'accompagne encore aujourd'hui à la tête de la sélection.

"Je mets beaucoup de pression sur les footballeurs. Il y avait des règles strictes et des contrôles draconiens, se souvient-il. Ils devaient se lever, manger, dormir à des heures fixes."

Petit à petit, il gravit les échelons, fait passer son équipe du niveau amateur au niveau professionnel, puis est embauché comme entraîneur-adjoint au club d'Elista, avant de passer au FC Moscou puis à Samara.

En 2009, sa carrière connaît alors une percée fulgurante lorsqu'il remplace Juande Ramos à la tête du CSKA Moscou. Sloutski parvient, en à peine deux matches, à redonner confiance à une équipe mal en point jusqu'à décrocher un nul héroïque 3-3 sur la pelouse de Manchester United.

- Préoccupé par les jeunes -

En 2014 et 2015, le CSKA enchaîne les titres de champion de Russie, et tous les regards se tournent vers l'entraîneur. Quand il remplace Fabio Capello, en août 2015, il parvient à qualifier directement la Russie pour la phase finale de l'Euro-2016.

Prudent, l'homme aux mines boudeuses ne promet rien aujourd'hui, tombé dans un groupe B à l'Euro aux côtés de l'Angleterre, du Pays de Galles et de la Slovaquie. "Nous ne faisons pas partie des favoris du tournoi. D'abord nous essaierons de sortir de notre groupe, puis de jouer chaque match à élimination directe avec l'intention de le gagner", a-t-il sobrement confié.

Son analyse du foot en Russie est plus avancée. Il envie cette "Europe de l'Ouest" où la moindre "ville de 60.000 habitants a tout ce qu'il faut" pour la progression des jeunes footballeurs, alors qu'en Russie, en dehors des pépinières du "CSKA, Zenit, Spartak et Dinamo" les "bonnes infrastructures, entraîneurs qualifiés et encadrements médicaux" font défaut pour les footballeurs en herbe.

af-del-rg/pgr/ah/tba

MANCHESTER UNITED