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17/05/2016 02:23 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Angleterre: le bon élève Roy Hodgson au rattrapage

En dépit d'un Mondial-2014 encore plus désastreux que les campagnes passées, l'Angleterre a conservé pour l'Euro-2016 son sélectionneur Roy Hodgson, un globe-trotter avenant et flegmatique de 68 ans, qui a déjà connu 16 clubs, quatre sélections et pas moins de huit pays.

Arrivé à la tête des Trois Lions à deux mois d'un Euro-2012 qu'il n'avait pu correctement préparer après le départ soudain de Fabio Capello, le technicien avait néanmoins assuré un parcours honorable, avec une élimination en quart de finale aux tirs au but contre l'Italie sans avoir perdu un match.

Deux ans plus tard, il est pourtant revenu du Brésil avec une vraie tache sur le blason: une élimination historique au 1er tour, sans aucune victoire en trois matches.

Attaqué, critiqué, il a fait le dos rond... mais le coach bonhomme a fini par sauver sa tête autant grâce à un parcours parfait dans les éliminatoires (dix victoires en dix matches) qu'à l'absence de remplaçant crédible sur le marché limité des techniciens anglais qui comptent.

Avec lui, l'Angleterre peut compter sur un homme charmant et distingué, qui sait être fin et ferme même s'il ne se défait jamais d'un flegme typiquement britannique.

Défenseur à Crystal Palace dans une carrière de joueur sans relief, le Londonien a commencé à se former dès l'âge de 23 ans, avant d'embrasser la carrière d'entraîneur à 29 ans... à Halmstad en Suède.

Auparavant, le futur professeur de sport, d'où son côté calme et pédagogue, avait passé un an à Pretoria, en plein apartheid, pour braver le boycott sportif et jouer dans une équipe amateur.

L'Anglais connaît sur le bout des doigts les pays nordiques, pour avoir aussi exercé en club au Danemark et en Norvège, ainsi qu'avec la sélection en Finlande, que personne d'autre n'a menée aussi haut que lui (33e au classement Fifa en 2007).

- Image sympathique de beau perdant -

L'infatigable voyageur a également eu une expérience à la tête des Émirats Arabes Unis (2002-2004).

L'Angleterre est d'ailleurs sa 4e sélection nationale: il a rendu son honneur à la Suisse en 1994 en l'emmenant en 8e de finale du Mondial américain, alors qu'elle attendait un grand tournoi depuis 1966. Dans la foulée, il l'a qualifiée pour l'Euro... Mais le virus de l'étranger l'avait rattrapé et il était déjà reparti.

Hodgson parle couramment quatre autres langues que la sienne (Suédois, Norvégien, Italien, Allemand) et a de bonnes notions dans trois autres (Français, Danois, Finnois).

Comme entraîneur, il a pourtant attendu d'avoir 50 ans pour connaître la Premier League de son pays, avec les Blackburn Rovers en 1997.

Bizarrement, la plupart de ses expériences anglaises ne se sont pas très bien passées, et ses collaborations avec les Rovers, Liverpool et enfin West Bromwich Albion se sont arrêtées en 1998, 2011 et 2012 plus vite que prévu.

En 1982 déjà, il avait été remercié quatre mois après son arrivée à Bristol, en raison de la banqueroute du club de 3e division.

Seule son expérience à Fulham s'est bien terminée après deux ans et demi chez les Cottagers. Mais il est vrai aussi qu'à WBA, son mandat n'a pas été stoppé par de mauvais résultats, mais par l'appel flatteur de la FA.

Hodgson, qui a passé bout à bout seulement 11 ans en Angleterre en 40 ans de métier, n'a jamais rien remporté dans son propre pays. Pire, deux finales de C3 perdues avec l'Inter en 1997 et Fulham en 2010 entretiennent une image sympathique de beau perdant.

Pour que sa réputation change dans quelques semaines, il faudra un peu plus que toute son élégance.

cd/jcp