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17/05/2016 03:05 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Angleterre: Coincé entre Kane et Vardy, Rooney fait profil bas

Un peu usé après avoir porté l'Angleterre toutes ces années, Wayne Rooney a été éclipsé cette saison par l'affirmation d'Harry Kane et Jamie Vardy: Mais il reste le capitaine de l'Angleterre avant l'Euro-2016 et d'une façon ou d'une autre il faudra compter sur lui.

A 30 ans, le "Pelé Blanc" des débuts avec Everton en 2002 s'est mué en "Pirlo chauve" marquant ainsi un recul qui n'est pas uniquement hiérarchique mais également sportif puisque l'attaquant joue désormais récupérateur avec Manchester United. Quand il joue, serait-on tenté d'ajouter, ce qui arrive moins régulièrement.

Avec sept buts en 28 matches de Premier League, ses statistiques n'avaient plus été aussi faméliques depuis ses débuts à 16 ans.

Avant qu'il revienne mi-avril après deux mois d'absence en raison d'une blessure à un genou, l'Angleterre, qui a gagné sans lui en Allemagne en mars (3-2), semblait même décomplexée sur l'éventuelle absence de son capitaine en France, le sélectionneur Roy Hodgson marchant toutefois sur des oeufs avec "le plus gros talent britannique depuis 20 ans", comme l'a décrit Arsène Wenger.

Capable d'occuper tout le front de l'attaque, Rooney, qui n'est pas "égoïste" comme l'assure son coéquipier Ander Herrera, a repris des couleurs en redescendant un peu, non pas en N.10 ou N.8 mais bien en N.6.

- Concurrence plus rude -

"Il en faudrait beaucoup pour que je dise à Wayne que je le laisse de côté parce que l'on me pousse à faire un choix courageux censé montrer quel entraîneur offensif je suis, a tonné récemment Roy Hodgson. Mais il ne s'attend pas à avoir une place dans l'équipe en raison de son passé. J'imagine que pour revenir, avec Vardy, Kane, Sturridge et Sterling, la concurrence est plus rude qu'il y a deux ans".

Voilà donc étalés les noms de ses rivaux qui obligent Rooney à faire profil bas et jouer des coudes.

Vardy, qui a inscrit 24 buts avec le nouveau champion Leicester, ou Kane, 25 buts pour Tottenham, ont mérité de former la paire d'attaquants en France. Les deux autres, cocktail de vivacité et de puissance, ont également des atouts à faire valoir.

Même derrière, la révélation Dele Alli, le rugueux Jack Wilshere et le marathonien Jordan Henderson entrent en concurrence avec le Red Devil dans l'entre-jeu, selon qu'Hodgson joue en 4-3-3 ou en 4-4-2 diamant, selon les qualités de Rooney qu'il cherche à exploiter en priorité.

- "Cerveau plus affûté" -

"Rooney n'a plus les jambes pour étirer les lignes et prendre la profondeur, décrypte l'ancien mancunien Danny Higginbotham. L'idée, c'est de lui donner de la place au milieu, pour qu'il exprime sa créativité naturelle. C'est une évidence que Hodgson doit l'utiliser au milieu. C'est là où il devrait maintenant se poser. Oui, sa forme décline mais son cerveau est plus affuté que jamais".

Et oui, Rooney, présent depuis 2003, est un monstre d'expérience face à tous ces gamins avec ses 109 sélections, ce qui est toujours précieux en phase finale.

"Comme j'ai déjà dit, tout au long de ma carrière je n'ai jamais considéré ma place comme acquise, a sobrement déclaré le principal intéressé. Avant tout, je souhaite le succès de l'Angleterre et évidemment, c'est super si j'en fais partie. A l'évidence, je ne deviendrai pas aussi célèbre que la légende Bobby Charlton qui a remporté la Coupe du monde".

Même si l'idole nationale le devance encore au nombre de buts marqués pour Manchester United (249 contre 244), Rooney, désormais à 51 buts internationaux, l'a pourtant dépossédé en octobre d'un record vieux de 45 ans (Charlton en avait inscrit 49) en devenant le meilleur réalisateur de l'Angleterre.

cd/pgr/jcp