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17/05/2016 10:24 EDT | Actualisé 17/05/2016 10:44 EDT

États-Unis : Hillary Clinton peine à écarter Bernie Sanders après une nouvelle primaire

Aaron Bernstein / Reuters
U.S. Democratic presidential candidate Hillary Clinton speaks at Transylvania University in Lexington, Kentucky, U.S., May 16, 2016. REUTERS/Aaron P. Bernstein

Après une campagne laborieuse, la candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton n'avait que quelques voix de plus que Bernie Sanders mardi à la primaire du Kentucky, un scrutin dont elle espérait tirer profit pour inciter son rival au retrait.

Plus de trois heures après la fermeture des bureaux de vote, aucun vainqueur n'avait été déclaré. Hillary Clinton a obtenu 46,7% des voix contre 46,3% pour le sénateur du Vermont, selon des résultats portant sur 99% des bureaux de vote, soit un écart de moins de 2.000 voix sur plus de 450.000.

Mais Bernie Sanders avait encore une chance dans l'autre scrutin du jour, dans l'Oregon sur la côte Pacifique, où les résultats seront disponibles à partir de 03H00 GMT mercredi. Les républicains votaient quant à eux seulement dans l'Oregon, un vote sans grand enjeu depuis que Donald Trump est le seul candidat encore en course.

Une victoire de justesse de Hillary Clinton ne lui rapporterait qu'un nombre négligeable de délégués de plus que Bernie Sanders, mais symboliquement, la candidate pourrait se féliciter d'avoir modestement endigué la dynamique en faveur du sénateur, qui reste en course malgré son retard quasi-insurmontable en nombre de délégués.

Même si elle n'a pas appelé son poursuivant à se retirer, Hillary Clinton a hâte de consacrer son temps et ses ressources à son rival de l'élection présidentielle de novembre, le républicain Donald Trump, au lieu de rester empêtrée dans des primaires qui n'en finissent pas.

La démocrate avait donc investi un temps considérable (cinq journées) dans le Kentucky, cet Etat des Appalaches qu'elle avait largement remporté aux primaires de 2008, et où Bill Clinton a gagné aux présidentielles de 1992 et 1996. L'ancien président démocrate y est également revenu, dans le but de convaincre les cols bleus que son épouse serait la plus capable de défendre leurs intérêts économiques.

"C'est elle la plus expérimentée", disait mardi Sarah Herberger, une enseignante de 32 ans qui a voté pour la démocrate. "Elle était à la Maison Blanche comme Première dame, et Bill Clinton son mari peut lui donner des conseils".

La candidate a d'ailleurs indiqué qu'elle confierait un rôle économique à Bill en cas de retour à la Maison Blanche.

"J'ai déjà dit à mon mari que si j'ai la chance d'être élue, il deviendra le +Premier gentleman+, mais j'attendrai de lui qu'il travaille (...) pour faire monter les salaires", a-t-elle dit lundi dans un restaurant de Paducah en rappelant à la clientèle, comme elle le fait souvent, les bons chiffres de croissance des années 1990.

Sanders continue les meetings

Hillary Clinton n'avait mathématiquement pas besoin d'une victoire mardi. Même si elle perdait toutes les consultations restantes, jusqu'au 14 juin, elle continuerait à récolter suffisamment de délégués, répartis à la proportionnelle, pour atteindre la majorité requise de 2.383. Elle en avait avant mardi 2.243, contre 1.465 pour Bernie Sanders.

Mais le sénateur du Vermont cherche à prouver les faiblesses de Hillary Clinton dans l'électorat ouvrier et blanc, non négligeable pour la présidentielle de novembre. Il l'a battue dans l'Indiana et en Virginie occidentale en mai, et chaque victoire apportait de l'eau à son moulin.

Officiellement, il dit vouloir persuader les centaines de "superdélégués" démocrates (élus et responsables du parti) de rompre avec Hillary Clinton et de se rallier à lui. Mais son objectif pourrait aussi être de préparer son avenir au sein de la gauche américaine, en pesant sur le programme du parti démocrate.

Mardi, il organisait un autre de ses grands meetings en Californie, où les électeurs voteront le 7 juin.

Sa persistance n'a toutefois pas empêché Hillary Clinton de lancer son offensive contre Donald Trump, qu'elle a commencé à qualifier de "danger public".

"Posez-vous la question: est-ce qu'un secrétaire d'Etat pourra facilement négocier avec un dirigeant musulman si un candidat à la présidentielle ou, Dieu nous en garde, un président, passe autant de temps à dénigrer la religion des habitants d'une région poudrière avec lesquels nous devons négocier?", s'est-elle demandé lundi.

Le candidat républicain insistait encore mardi sur la vulnérabilité supposée de la démocrate: "Hillary la malhonnête n'arrive pas à battre Bernie Sanders. Encore une mauvaise journée pour elle!" a-t-il écrit sur Twitter, avant les résultats du Kentucky.

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