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17/05/2016 13:58 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Dénonçant le sexisme à Wall Street, une dirigeante attaque en justice Bank of America

Une dirigeante de Bank of America poursuit en justice son employeur, l'accusant de traiter les femmes comme des "citoyens de seconde zone" et de les payer moins que les hommes pour des fonctions identiques.

Megan Messina, 42 ans, a déposé plainte lundi devant un tribunal new-yorkais, selon des documents judiciaires consultés mardi par l'AFP.

Recrutée par Bank of America en 2007, elle a accédé en 2011 au poste très convoité de "directrice" (managing director).

Dans sa plainte, elle affirme qu'un collègue de promotion masculin a perçu au titre de 2015 un bonus trois fois et demi supérieur au sien.

Mme Messina partageait avec ce collègue les fonctions de co-responsable des produits financiers liés au crédit.

En 2013, la rémunération (salaire fixe, bonus, stock-options) de ce collègue s'est élevée à 5,5 millions de dollars, 6 millions en 2014 et 5,5 millions en 2015, selon la plainte. Par comparaison, la plaignante dit avoir touché 2,5 millions en 2013, 2,75 millions l'année suivante et 2 millions en 2015.

Mme Messina affirme qu'au moment de sa promotion son supérieur hiérarchique direct, un homme, lui a fait comprendre "clairement qu'elle n'était pas la bienvenue dans son équipe baptisée +club de frères+ et composée de flagorneurs".

Elle fait également valoir qu'en 2015, ce supérieur l'a exclue des listes de distribution des courriels adressés à l'équipe, des réunions, des dîners.

"En tant que seule femme dans une mer d'hommes", elle soutient n'avoir jamais eu "l'opportunité d'être intégrée et d'avoir une chance de réussir".

Mme Messina, qui réclame un procès, indique s'être plainte de ces comportements, ce qui lui a valu une mise à pied administrative.

"Nous prenons très au sérieux toutes les allégations faisant état de comportement inapproprié et enquêtons dessus de façon minutieuse", a répondu à l'AFP Bill Halldin, un porte-parole de Bank of America.

Mme Messina avait auparavant travaillé dans d'autres sociétés de Wall street où, relève la plainte, elle bénéficiait d'évaluations "exceptionnelles".

Cette plainte est la dernière en date d'une série d'actions judiciaires pour sexisme engagées contre de grandes firmes. La plupart ont fini en transactions amiables de plusieurs millions de dollars.

En 2008, Citigroup a versé 33 millions de dollars à un groupe de traders femmes qui attaquaient la banque pour harcèlement sexuel, un an après que Morgan Stanley eut conclu un accord à 46 millions avec des salariées.

lo/jld/elm

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