NOUVELLES
17/05/2016 07:50 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Côte d'Ivoire: une ministre "confiante" quant au retour de 11.000 réfugiés pro-Gbagbo du Ghana

La ministre ivoirienne de la Cohésion sociale, Mariatou Koné, s'est dit "confiante" mardi quant au retour définitif de 11.000 exilés pro-Gbagbo, installés au Ghana depuis la crise post-électorale de 2010-2011.

"Nous sommes très confiants. La tendance est pour un retour massif en Côte d'Ivoire", a affirmé à l'AFP Mme Koné, après une mission de "prospection et de sensibilisation" du 11 au 15 mai au Ghana voisin.

"La majorité [d'entre eux] est fatiguée de rester. Sur les 11.000 personnes réfugiées sur le territoire ghanéen, plus de 90% rentreront d'ici peu. Ils sont en train de s'organiser pour un retour massif", a-t-elle assuré.

Avant le Ghana, la ministre ivoirienne, en charge également de l'Indemnisation des victimes, avait séjourné du 3 au 7 mai au Liberia, où plusieurs dizaines de milliers de personnes sont toujours en exil, depuis la crise post-électorale qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

D'après le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), plus des deux tiers des 300.000 Ivoiriens ayant fui leur pays pendant ou après le conflit sont déjà rentrés chez eux.

Le HCR a suspendu l'assistance à ces réfugiés en septembre 2015, rendant "pénible leur situation humanitaire", selon des responsables du ministère ivoirien de la Cohésion sociale.

"Il ne reste plus que 40.000 réfugiés ivoiriens dont 20.000 au Liberia, 11.000 Ghana, 7.000 en Guinée etc...", a expliqué la ministre, soulignant que "l'objectif est de faire rentrer tous les 40.000 d'ici la fin de l'année".

Toutefois, elle a reconnu que de nombreux exilés ont exigé, notamment lors de manifestations, des garanties sécuritaires avant d'être rapatriés, citant le cas de certaines personnes qui ont été arrêtées à leur retour au pays malgré les promesses du gouvernement.

Le retour des réfugiés est un enjeu majeur pour la réconciliation nationale, et l'une des priorités du gouvernement d'Alassane Ouattara, plus de cinq ans après la fin de la crise provoquée par le refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival.

"Le malaise est profond et il convient à présent de mettre un accent particulier sur les initiatives en faveur de la réconciliation", avait alerté en avril dernier Mgr Siméon Ahouana, le président de la Commission nationale pour la réconciliation et l'indemnisation des victimes (CONARIV).

ck/eak/spb/lp