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17/05/2016 05:03 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Burundi: funérailles nationales pour l'ancien président Bagaza

L'ancien président burundais Jean-Baptiste Bagaza (1976-1987), décédé la semaine passée dans un hôpital de Bruxelles, a été inhumé mardi à Bujumbura lors de funérailles nationales rendant hommage à l'homme considéré comme le bâtisseur du Burundi moderne.

Après une messe en la cathédrale Regina mundi devant plus d'un millier de personnes, dont l'actuel chef de l'état Pierre Nkurunziza et les plus hautes personnalités du pays, M. Bagaza a été inhumé dans sa propriété, dans le quartier chic de Kiriri.

La cérémonie d'inhumation était placée sous haute protection et retransmise sur les radio et télévision nationales. M. Nkurunziza y a rendu un vibrant hommage à "l'homme qui a développé le Burundi" et dont la présidence "n'a pas connu de conflits ethniques", appelant les Burundais à en faire "un modèle pour son amour du travail".

L'ancien président est décédé mercredi dans un hôpital de Bruxelles. Son corps a été rapatrié au Burundi dimanche soir, avant d'être exposé lundi dans le hall de l'Assemblée nationale.

Mercredi, le gouvernement burundais avait décrété un "deuil national de trois jours" et salué "un travailleur infatigable qui, durant sa présidence, a développé des infrastructures économiques (...) dont le peuple burundais se rappellera toujours".

M. Bagaza est l'une des rares personnalités politiques burundaises à faire l'unanimité après sa mort, dans un pays qui traverse, depuis plus d'un an, une profonde crise ponctuée de violences ayant déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 Burundais à fuir.

Le colonel Bagaza, un Tutsi né en 1946 à Rutovu dans la province de Bururi (sud), était arrivé au pouvoir en 1976 à la suite d'un coup d'état militaire contre son prédécesseur, le général Michel Micombero, lui aussi tutsi et issu de la même commune.

Il avait pris les rênes du pouvoir alors que le pays sortait des "événements de 72", un massacre de milliers de Tutsis lors d'une insurrection hutue, suivie d'une terrible répression qui verra la mort plus de 100.000 Hutus, dont l'élite de cette ethnie, majoritaire au Burundi.

Considéré comme le bâtisseur du Burundi moderne (routes, centrales électriques, écoles, industries, ...), il est renversé lors d'un coup d'Etat qui porte à la présidence le major Pierre Buyoya, un Tutsi issu de la même commune que ses deux prédécesseurs.

Il était sénateur à vie, selon la Constitution du Burundi.

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