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17/05/2016 13:08 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Brésil: RSF dénonce le limogeage du directeur du groupe de médias public EBC

Reporters sans frontières (RSF) a condamné mardi le décret "arbitraire" pris par le président brésilien par intérim, Michel Temer, limogeant le directeur de l'agence publique de communication du Brésil (EBC).

RSF explique dans un communiqué que Ricardo Melo venait d'être nommé (le 3 mai) à la tête de ce groupe audiovisuel public, dont dépendent notamment des chaînes de télévision, par la présidente Dilma Rousseff, encore en fonctions.

Selon la loi à l'origine de la création de l'EBC, le mandat de 4 ans prévu pour le directeur de la structure est définitif et ne suit en aucun cas le calendrier électoral. Cette spécificité permet théoriquement de garantir l'impartialité et l'autonomie de fonctionnement de l'EBC.

"Reporters sans frontières dénonce vigoureusement la décision du président Temer, à la fois arbitraire et contraire à la loi brésilienne", déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique latine pour RSF.

Ricardo Melo a deja annoncé dans un communiqué mardi qu'il présenterait un recours en justice pour défendre son mandat.

Selon la presse brésilienne, Michel Temer aurait déjà choisi le successeur de Ricardo Melo: il s'agirait du journaliste Laerte Rimoli, ancien directeur de la communication de la Chambre des députés pendant la présidence d'Eduardo Cunha, président de la Chambre lors du processus de destitution de Dilma Rousseff.

Laerte Rimoli a également travaillé dans l'équipe de campagne d'Aecio Neves (PSDB, centre-droit), le candidat malheureux à la présidenteille de 2014 contre Mme Rousseff.

M. Temer, 75 ans, a pris jeudi la présidence par intérim du Brésil après l'ouverture d'un procès en destitution de Dilma Rousseff, 68 ans, pour maquillage des comptes publics, lors d'un vote du Sénat qui a mis fin à 13 années de gouvernement du Parti des Travailleurs (PT, gauche).

Mme Rousseff, dont le mandat se termine fin 2018, dénonce un "coup d'Etat" parlementaire. Elle a été écartée pour 180 jours dans l'attente de son jugement final par le Sénat, et a annoncé qu'elle se battrait "jusqu'au bout pour revenir".

Le Brésil occupe la 104e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2016 de RSF.

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