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17/05/2016 10:15 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

"Aquarius": les dérives du capitalisme au Brésil à travers un destin de femme

Dans "Aquarius", présenté en compétition à Cannes mardi, le Brésilien Kleber Mendonça Filho s'interroge sur les excès du capitalisme au Brésil à travers le portrait d'une femme libre, opiniâtre et rebelle, interprétée par l'actrice Sonia Braga.

Le film suit le destin de Clara, la soixantaine, une ancienne critique musicale. Veuve, mère de trois enfants, elle vit seule à Recife (nord-est du Brésil) dans un immeuble datant des années 40 qui longe l'océan, l'Aquarius, entourée de ses souvenirs et de ses vieux disques vinyles.

Alors qu'une société immobilière a racheté tous les appartements de son immeuble pour construire à la place un complexe moderne, elle refuse obstinément de vendre le sien. Elle va entrer en guerre avec le promoteur, qui cherche à la faire céder par tous les moyens.

"Le film parle du fait de vivre sa vie comme on veut, sans suivre les ordres de ceux qui ont des intérêts commerciaux", a déclaré dans un entretien à l'AFP Kleber Mendonça Filho, 47 ans, ancien journaliste et critique de cinéma. C'est son second long métrage après "Les Bruits de Recife", remarqué en 2012.

"Clara est une femme forte, qui vit sa vie et doit faire face à la pression de gens qui ont des projets", a-t-il ajouté. "Elle se trouve en travers de leur chemin, mais elle une forte personnalité et un sens fort de l'histoire et du patrimoine".

Remarquablement interprétée par la star brésilienne Sonia Braga ("Dona Flor et ses deux maris", "Le Baiser de la femme araignée"), Clara, qui se définit dans le film comme "une vieille dame et un enfant, les deux à la fois", s'entête pour préserver un mode de vie auquel elle tient.

"La situation dans laquelle elle est, la pression, la lutte, les injonctions à +ne pas faire ça+, j'ai largement connu ça, au Brésil et dans ma vie. C'est un mélange de nos deux personnalités", a expliqué à l'AFP Sonia Braga, 65 ans, installée aux Etats-Unis.

A travers ce portrait, construit en trois parties, Kleber Mendonça Filho s'interroge aussi indirectement sur les dérives du capitalisme dans le Brésil contemporain.

"Son rôle dans le film est très politique, mais je ne pense pas qu'elle discute de politique ouvertement dans le film", a indiqué le réalisateur.

"C'est un film politique, mais pas dans un sens classique, parce qu'il parle de choses à une très petite échelle", ajoute-t-il.

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