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17/05/2016 13:20 EDT | Actualisé 18/05/2017 01:12 EDT

Angleterre - Colère persistante contre MU lors du match à rejouer

La colère continuait de dominer à Old Trafford lors de l'ultime rencontre de la 38e journée de Premier League annulée dimanche dans la confusion en raison d'une alerte à la bombe puis finalement remportée mardi par Manchester United contre Bournemouth (3-1).

Il y a deux jours, après l'évacuation du stade, les unités de déminage avaient fait exploser un engin factice, laissé malencontreusement dans des toilettes lors d'un exercice de sécurité. Et deux jours plus tard, le soufflé ne semblait pas retombé chez les supporteurs.

"J'étais furieux, a ainsi reconnu Andrew Hardy, originaire de Bournemouth et de retour à Manchester avec son fils. C'est incroyable qu'une telle connerie ait ruiné la journée de milliers de gens".

La "connerie", qui pourrait coûter jusqu'à 3,6 millions d'euros à Manchester United, est aussi dommageable pour Bournemouth, qui a affrété en urgence huit bus pour faire le voyage du sud au nord de l'Angleterre. Les demandes sur les réseaux sociaux ont comme souvent fait le reste et Andrew a pris la route avec trois autres personnes.

"On était un peu énervés et déçus mais je pense que c'était la bonne chose à faire, avouait quand même à la BBC un fan venu d'Oslo. On devait partir ce matin mais on a fait changer tous les billets. On va perdre de l'argent mais ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir Manchester United".

Laura Kelly, qui venait d'Irlande pour assister à son premier match, était dans la partie du stade évacuée en dernier et certains supporteurs pensent que cela a été fait au détriment de leur sécurité, pour éviter un mouvement de masse.

- "Terrifiés" -

"Les gens commençaient à paniquer et se demandaient pourquoi ils ne sortaient pas, a-t-elle raconté. Parce qu'il devenait évident qu'il y avait une bombe ou quelque chose. Quand on est sortis, on était terrifiés, on a couru".

Logiquement, la sécurité était donc renforcée et plus visible deux jours plus tard même si des dirigeants des Red Devils reconnaissaient à mots couverts que c'était "plus calme que d'habitude".

"Merci à tous les supporteurs qui ont fait le déplacement. Nous apprécions", a sobrement twitté MU alors que le stade était rempli aux deux-tiers.

Les deux clubs avaient en effet proposé à leurs supporteurs de les accueillir de nouveau ou de les rembourser, même si la rencontre, avec un Rooney qui avait retrouvé ses jambes de 20 ans, n'avait aucun intérêt sportif.

Malgré tout, les voitures étaient arrêtées en amont du stade pour vérifier une première fois les billets des occupants par une armée de stewards en gilets jaune fluorescents entourés de nombreux policiers en patrouille.

Les supporteurs devaient également affronter deux fouilles au corps plus poussées.

Moses Kamara, un Sierra-Leonais invité dimanche par le club des supporteurs mancuniens, était également présent et grâce au don d'une personne généreuse, il pourra même assister samedi à la finale de Coupe d'Angleterre de son club.

"C'est une bonne nouvelle mais c'est dommage que cela vienne après un épisode aussi embarrassant", grognait en guise d'épilogue Barry Dunnett, un sexagénaire, supporteur de ManU.

La petite histoire dans l'histoire retiendra peut être qu'après un faux-départ, ce match pourrait être le dernier de l'entraîneur Louis van Gaal, sifflé au moment de prendre la parole, à Old Trafford.

"Merci pour votre soutien inconditionnel, a-t-il articulé ensuite, la mâchoire serrée. Malgré tout ce qu'il s'est passé, vous ne nous avez jamais laissé tomber".

Les deux ans de mandat du Néerlandais n'ont pas été très concluants et les Red Devils devront se contenter de la C3.

Si "LVG" devait finalement sauter, la rumeur envoie sur son siège le Portugais Jose Mourinho. Et l'ex-"Special One" de Chelsea n'aura pas intérêt à rater son entrée en scène.

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