NOUVELLES
13/05/2016 11:29 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Sierra Leone: grave pénurie d'eau dans la capitale Freetown

La capitale du Sierra Leone, Freetown, est en proie depuis une quinzaine de jours à une sécheresse dont elle ne voit pas la fin et qui pousse ses habitants à sortir la nuit pour chercher de l'eau, quitte à risquer leur vie en s'approvisionnant avec de l'eau polluée.

"Nous n'avons jamais vu ça", déplorait vendredi le pasteur Sammy Williams, qui en appelait à Dieu en fixant les habitations aux toits poussiéreux sur les hauteurs de la ville, entourées d'arbres desséchés.

"La crise de l'eau s'aggrave d'heure en heure", a confirmé à l'AFP Sao Lamin, président du Consortium des sociétés civiles pour l'accès à l'eau potable.

"Nous avons mis en place des équipes de surveillance de nuit chargées d'évaluer l'ampleur de la crise et nous avons découvert que de nombreuses personnes, dont des écolières, ne dorment pas chez eux la nuit pour aller chercher de l'eau, parfois jusqu'au petit matin", a-t-il encore expliqué.

Selon la Guma Valley Water Company (GVWC), une entreprise qui distribue chaque jour 20.000 litres d'eau à Freetown, les causes de cette pénurie sont principalement dus à des problèmes environnementaux, mais sont exacerbés par la crise financière que traverse l'entreprise, affaiblie par des années de factures d'eau impayées.

"Depuis une dizaine d'années, nous avons perdu des millions de dollars", chiffre un porte-parole de la GVWC. "Cette crise est autant liée au retard des pluies et à la déforestation qu'aux constructions de logements juste à côté des points de captage de l'eau", poursuit-il.

Les autorités ont appelé au calme et promis leur aide. Le gouvernement "a installé des réservoirs d'une capacité de 10.000 litres dans des points stratégiques de la ville pour que les habitants puissent s'approvisionner", a déclaré cette semaine le ministre de l'Information et de la Communication, Mohamed Bangura, précisant que cette distribution d'urgence allait se poursuivre le mois prochain.

D'après les médias locaux, des dizaines de puits sont asséchés à l'est et à l'ouest de la capitale. Un journaliste de l'AFP a pu voir des jeunes femmes remplir des bidons avec l'eau polluée d'un ruisseau stagnant.

Les conséquences de cette pénurie peuvent s'avérer très graves, dans un pays où 30% de la population meurt chaque année de maladies transmises par l'eau contaminée, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Pendant ce temps, les fabricants de bouteilles d'eau ont doublé leurs prix, alors que la majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour.

rmj/jom/jl/dom