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13/05/2016 07:40 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Proulx abandonne la réforme de la gouvernance scolaire

Le nouveau maître du réseau québécois de l'éducation, Sébastien Proulx, efface le tableau de la classe désertée par son prédécesseur pour présenter son propre plan de cours. Après deux tentatives de réforme avortées, le nouveau ministre ambitionne de faire de l'éducation un projet de société.

Le ministre Proulx estime que la réforme de la gouvernance scolaire proposée par l'un de ses prédécesseurs, François Blais, diviserait les troupes et serait contre-productive pour l'atteinte de son objectif ultime : faire progresser le taux de diplomation des élèves.

Les éléments qui font consensus seront toutefois repris alors que le reste sera relégué aux oubliettes. Les élections scolaires seront ainsi maintenues et les parents commissaires obtiendront vraisemblablement le droit de vote au conseil des commissaires.

Formation et valorisation des enseignants

Formation, valorisation et encadrement des professeurs, création d'un ordre professionnel pour le corps enseignant, financement des services aux élèves aux besoins particuliers, maternelles 4 ans pour tous, le ministre de l'Éducation inscrit toutes les idées jugées pertinentes à l'atteinte de son objectif au tableau de son ministère.

Le ministre soumettra toutes ces idées à la consultation afin de vérifier la possibilité de les mettre en œuvre, mais il veut également maximiser les ressources qui sont déjà en place.

Il souhaite ainsi arrimer les services de garde au milieu de l'éducation. « Il faut qu'ils soient des lieux de préparation à la scolarisation », estime le ministre Proulx. Il précise que les services de garde devraient faire du dépistage des enfants qui présentent des symptômes de troubles d'apprentissages.

Le ministre estime qu'il faut également valoriser les enseignants et leur travail de même que leur donner les outils pour atteindre les mandats qui leur sont confiés.

M. Proulx souligne qu'il y a beaucoup plus d'élèves avec des troubles d'apprentissages ou de comportement que dans le passé. Il estime que le gouvernement doit revoir la formation des enseignants pour les outiller pour faire face à cette clientèle.

Il souhaite également leur redonner une plus grande autonomie en ce qui a trait à l'enseignement. Il souhaite faire de même avec les écoles en leur attribuant une plus grande souplesse sur le plan budgétaire afin de leur permettre de décider des ressources dont ils souhaitent se doter.

Le Québec en mode rattrapage

Le ministre estime que le Québec présente un retard en éducation par rapport aux autres législations comparables. « L'objectif c'est de travailler à la réussite de façon à ce qu'on fasse le rattrapage face aux autres législations, aux autres nations qui, elles, ont investi temps, énergie et argent dans un plan pour la réussite et la diplomation », ajoute-t-il.

Il cite l'exemple de l'Ontario qui affiche un taux de diplomation de 85 % à l'âge de scolarisation alors que le Québec présente un taux de 77 % à l'âge de 20 ans.

Une société qui investit en éducation et qui fait de l'éducation son projet de société sera toujours une société plus prospère que celle qui ne le fait pas, qui elle s'affaiblit.

Après le projet de fusion de commissions scolaires avancé par le premier ministre de l'Éducation du gouvernement libéral de Philippe Couillard, Yves Bolduc, et la réforme de la gouvernance scolaire de son prédécesseur, François Blais, Sébastien Proulx, de son propre aveu, dispose de deux ans pour faire sa marque au ministère.

Le succès de Sébastien Proulx permettrait également au gouvernement de faire oublier les deux premières années de son mandat au cours desquelles quatre ministres se sont succédé à la tête du deuxième portefeuille du gouvernement avec des résultats plutôt mitigés.