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13/05/2016 00:18 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Philippines: Marcos Jr croit toujours à la vice-présidence

Ferdinand Marcos Junior, le fils de l'ex-dictateur des Philippines, continuait vendredi de croire en ses chances d'accéder à la vice-présidence de l'archipel, même si les résultats actuels lui donnent un net retard sur son adversaire.

Une victoire du sénateur de 58 ans constituerait la plus grande victoire politique de la famille Marcos depuis la révolution qui avait renversé Ferdinand Marcos en 1986.

Mais le décompte des résultats a traîné en longueur.

Vendredi, Ferdinand Marcos Junior accusait, dans des résultats non définitifs, un retard de 217.000 voix sur Leni Robredo, une veuve propulsée en politique après la mort en 2012 dans un accident d'avion de l'ancien ministre de l'Intérieur Jesse Robredo.

Mais un million de voix n'ont toujours pas été comptabilisées, soit en raison d'un retard de dépouillement, soit parce que le vote n'a pu avoir lieu lundi dans 2.000 bureaux en raison de violences ou de problèmes techniques.

Les électeurs inscrits dans ces bureaux sont du reste de nouveau appelés aux urnes samedi.

Dans ce contexte, et bien que près de 96% des voix aient été comptabilisées, Ferdinand Marcos Junior s'est refusé à concéder sa défaite, tout en accusant le président sortant Benigno Aquino de manipuler les résultats au profit de Mme Robredo.

"Si on additionne tous les bulletins qui n'ont pas été transmis, je l'ai nettement emporté", assurait le sénateur cette semaine.

Jeudi soir, il a demandé à la Commission électorale d'ouvrir une enquête sur une manipulation présumée du logiciel compilant les résultats à Manille. La Commission a rejeté ces accusations, affirmant que cette "manipulation" visait à corriger le nom d'une candidate.

Alan Cayetano, troisième dans la course à la vice-présidence, a pour sa part concédé sa défaite et balayé les accusations de fraude électorale.

La présidentielle a été largement remportée par le candidat populiste Rodrigo Duterte.

Lors de la révolution de 1986, dite du "pouvoir du peuple", des millions de personnes avaient contraint dans la rue les Marcos à l'exil après deux décennies de pouvoir.

Ils sont accusés d'avoir détourné des milliards de dollars et les forces de sécurité du régime sont soupçonnées d'avoir tué et torturé des milliers d'opposants.

Mais après le décès de Marcos Senior à Hawaï en 1989, son épouse controversée Imelda et leurs enfants furent autorisés à retourner dans l'archipel, où ils ont lentement reconstruit leurs bases.

Lundi, Imelda a été élue pour un troisième mandat à la Chambre des représentants dans la province de Ilocos Norte. Sa fille Imee a été reconduite comme gouverneur de ce bastion historique du clan.

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