DIVERTISSEMENT
13/05/2016 06:19 EDT | Actualisé 13/05/2016 06:20 EDT

«Noir & Blanc 2»: le pur plaisir de Gregory Charles et Marc Hervieux

OSA Images

La carrière de Gregory Charles a connu un avant et un après Noir & Blanc. Avant le lancement de ce spectacle interactif où la demande spéciale du spectateur était reine, en 2002, on savait que le comédien de Chambres en ville et animateur des Débrouillards, de Chabada et de Que le meilleur gagne avait une vaste culture musicale, mais le grand public ignorait l’étendue complète de ses capacités, ne savait pas encore à quel point Gregory pouvait être une «machine», capable de livrer n’importe quelle chanson à la seule évocation d’un titre, en parfaite maîtrise des accords comme des paroles, doué pour l’improvisation et les imprévus.

Au bout des quatre ans de tournée de Noir & Blanc (qui a roulé aussi loin qu’ailleurs au Canada, en France et aux États-Unis), des 1,5 million de spectateurs au total, du record battu entre les murs du Centre Bell avec 43 représentations applaudies par 700 000 personnes et du DVD réalisé par le maître des variétés télévisées, Jean Lamoureux, population et milieu de la musique étaient unanimes : Gregory Charles était officiellement un artiste dans une classe à part et son image de garçon sage, premier de classe, cachait définitivement bien des talents et des surprises.

Devenu depuis ce temps une quasi multinationale à lui seul avec son Groupe Musique Greg qui multiplie les projets, allant de Radio Classique à ses théâtres mobiles qu’il espère promener partout sur la planète, Gregory Charles n’avait peut-être pas réellement besoin de ressusciter la formule Noir & Blanc, en l’intitulant simplement Noir & Blanc 2 et en s’y adjoignant la collaboration de son grand ami Marc Hervieux, pour ré-apprêter une nouvelle fois son concept de demandes spéciales, utilisé aussi dans sa production de 2013, Vintage, et son tour de chant-éloge à Luc Plamondon, Plamondon, l’automne dernier.

On sait maintenant depuis belle lurette de quoi l’hyperactive vedette est capable, Gregory n’a plus grand-chose à prouver. De surcroît, ce ne sont pas les idées qui manquent, l’homme a déjà annoncé qu’il s’établira à long terme à New York avec un spectacle permanent en 2017, ses jeunes protégés de Virtuose sont aussi sur le point de partir en tournée, la radio l’occupe, et quoi encore. Et n’oublions pas qu’il est aussi papa d’une fillette de quatre ans.

On suppose donc que c’est simplement un petit bonheur que le chanteur, musicien, animateur, businessman et autres, a voulu s’offrir, pour continuer d’être sur scène, pour partager du temps avec son pote Hervieux, pour poursuivre son association avec la Société des Casinos du Québec, dont il était nommé porte-parole en 2013, et pour épater une fois de plus.

Spectateurs, osez!

Or, que se passe-t-il quand on fait les choses par pur plaisir? On s’amuse pleinement, et le résultat est rarement décevant. Avec Noir & Blanc 2, Charles et Hervieux misent sur leur complicité et enveloppent le Cabaret du Casino de Montréal – lieu parfait pour cet hommage à la musique de toutes les époques, leur grande passion à tous les deux – d’une ambiance décontractée et chaleureuse, où on se laisse bercer par des airs qu’on connaît et où on se détend en prenant un verre et en balançant des «C’est ma toune» en reconnaissant nos mélodies fétiches.

On y réinvente peu de choses, mais Noir & Blanc 2 est un concert convivial, sympathique, on ne peut plus festif et rassembleur – bien que campé dans un endroit réservé aux 18 ans et plus – qui plaira aux amateurs des spectacles de cabaret et aux admirateurs des gentlemans que sont Gregory et Marc Hervieux. Le mariage entre les deux est naturel, et les camarades prennent clairement un grand plaisir à festoyer ensemble ; preuve en est qu’ils se taquinent constamment.

L’atmosphère jazzée est créée par le look de crooners de Marc et Gregory (beaux comme des cœurs, eux qui ont chacun perdu une trentaine de livres dans les derniers mois), le mini big band de sept instrumentistes (et le gros piano rouge lumineux avec écran de Gregory, son outil pour recevoir les commandes musicales des spectateurs), les magnifiques éclairages stroboscopiques et l’humeur joyeuse du parterre. Comme dans toutes les mises en scène de Gregory Charles, le tableau visuel est splendide et invite à lâcher son fou.

Côté contenu, c’est plutôt conservateur, mais ce n’est pas la faute du tandem qui mène la danse : c’est le public qui décide des pièces qui seront jouées! Force est d’admettre que les Montréalais qui assistaient au spectacle de jeudi n’ont pas des goûts très originaux ou underground : on a entre autres entendu, selon le bon vouloir des gens, Love is in the air, Rock N’Roll de Led Zeppelin, Sweet Home Alabama, Here Without You, de 3 Doors Down (qui a déstabilisé Marc Hervieux, mais pas Gregory), Le cœur est un oiseau, Un peu plus haut, un peu plus loin, Don’t You Forget About Me, La quête, La ballade des gens heureux, Ramona de Louis Armstrong, Innamorata de Dean Martin, Everything I Do de Bryan Adams, La bohème, etc.

Pourtant, la palette de Gregory Charles et Marc Hervieux est large et ils sont capables de supporter les défis! Ils promettent même une prestation privée à domicile, dans la cour de celui ou celle qui leur posera une colle qu’ils ne sauront retracer et interpréter. Mais l’équipe l’a eue facile, du moins en son soir de première médiatique.

En début de soirée, nos gaillards s’éclatent en poussant quelques tubes de leur choix, surtout pigés dans les répertoires des années 50-60 (It’s Not Unusual, Don’t Be Cruel, Quand les hommes vivront d’amour, La poupée qui fait non, La Manic, etc). Puis, en finale, un pot-pourri avec chorale amalgamant entre autres Go Go Go Ale Ale Ale de Ricky Martin et Glory Alleluia, délie les jambes avant le départ. Un menu varié, qui pourrait toutefois l’être plus… si le public y mettait du sien!

Gregory Charles et Marc Hervieux présenteront Noir & Blanc 2 au Cabaret du Casino de Montréal jusqu’au 19 juin. Visitez www.cabaretducasino.ca pour plus d’informations.

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